Suisse

16 octobre 2019 10:22; Act: 16.10.2019 11:42 Print

Les médecins pourraient prescrire du cannabis

Le Conseil fédéral souhaite faciliter l'accès au «cannabis médical». Une modification de la loi sur les stupéfiants est en consultation jusqu'à jeudi.

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L'idée en consultation est de permettre aux médecins de prescrire du cannabis directement aux patients. (Photo d'illustration) (Photo: Keystone)

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Les médecins devraient pouvoir prescrire du cannabis à des fins médicales. Cette modification de la loi sur les stupéfiants proposée par le Conseil fédéral a été largement approuvée lors de la procédure de consultation.

Le cannabis est interdit en Suisse depuis 1951. Jusqu'à présent, les patients ne pouvaient l'utiliser à des fins thérapeutiques qu'en obtenant un feu vert exceptionnel de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). L'an dernier, cet office a délivré environ 3000 autorisations de ce type pour des patients cancéreux ou atteints de sclérose en plaques.

Avec la révision partielle de la loi sur les stupéfiants, le Conseil fédéral souhaite désormais faciliter l'accès au «cannabis médical». L'idée en consultation jusqu'à jeudi est de permettre aux médecins de le prescrire directement aux patients.

Large soutien à la proposition

L'UDC, le PS, le PLR et le PBD soutiennent cette proposition. L'UDC y est favorable «si la contribution au bien-être du patient est supérieure à son effet nocif». Le parti rejette expressément la demande concernant les fleurs de cannabis médical (cannabis flos) et le fait de fumer du cannabis en raison du risque élevé d'abus.

Le PLR, le PS et le PBD jugent cette adaptation de la loi pertinente, car le nombre d'autorisations en augmentation constante contredit le caractère exceptionnel prévu dans le droit actuel. La révision permet également de développer la recherche comme les applications de cannabis médical, selon le PLR.

Médecins en charge

La Fédération suisse des médecins (FMH) accueille aussi favorablement ce projet. De cette façon, le cannabis médical pourra dévoiler son potentiel et limiter les risques d'abus liés à l'automédication.

La responsabilité incombera aux médecins traitants. La liberté thérapeutique du médecin en sort renforcée et la bureaucratie limitée.

L'association suisse du cannabis médical (Medcan) est également heureuse de ce développement. Les patients qui recourent au cannabis sont dans une «situation impossible» depuis des décennies. Ils auraient besoin de médicaments contrôlés à un prix abordable et de conseils médicaux sur la manière de les utiliser.

Remboursement toujours pas réglé

Cependant, la mise en oeuvre de la révision montre des faiblesses, ce qui n'améliorera pas la situation des quelque 100'000 personnes qui utilisent déjà du cannabis de manière illégale. Il n'est pas prévu dans la révision que les assureurs maladie paient pour le cannabis prescrit par les médecins, critique Medcan.

Selon l'OFSP, les médicaments à base de cannabis peuvent coûter plusieurs centaines de francs par mois. Les assureurs maladie ne paient les traitements actuellement que dans quelques cas.

Sans réglementation claire et uniforme du remboursement par les assureurs, l'effet de la révision de la loi sera limité, estime le PS. Pour l'UDC, il s'agit d'abord de s'assurer scientifiquement des qualités thérapeutique et palliative du cannabis avant de s'occuper du remboursement de ce produit par les assurances maladie.

Selon la FMH, le remboursement au moins partiel des médicaments à base de cannabis via l'assurance maladie obligatoire ou tout financement alternatif est essentiel. Il s'agit de déterminer rapidement quels médicaments à base de cannabis répondent aux critères d'efficacité, d'adéquation et d'économicité (EAE).

«Cultiver la plante soi-même»

Medcan met également en garde contre une nouvelle augmentation des coûts du cannabis médical. Pour classer le cannabis au même niveau que les opiacés ou le fentanyl, des mesures de sécurité strictes seront nécessaires lors de la production et de la distribution.

Selon cette organisation, «pour le moment, cultiver la plante soi-même est le seul moyen d'obtenir des médicaments au cannabis de bonne qualité et à un prix abordable». L'association appelle donc à l'impunité pour tous les patients qui cultivent leurs propres plants.

Surveillance

La FMH pense que Swissmedic, l'institut suisse chargé de surveiller le marché des produits thérapeutiques, pourrait aussi se charger du cannabis. Medcan préconise par contre la création d'un nouvel organe de contrôle. Il est difficile de classer le cannabis dans les normes pharmacologiques actuelles, écrit l'association: son effet dépend des sortes de cannabis utilisées et de la forme de son ingestion.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Bob House le 16.10.2019 10:49 Report dénoncer ce commentaire

    Don't worry be happy

    Tôt ou tard la Suisse devra y venir, les effet antalgiques et le nombre réduit d'effets indésirables par rapport aux opiacés ont déjà été prouvés dans de nombreuses études médicales. Quand swissmedic et les pharma auront compris le vrai potentiel des cannabinoides, cela aura un effet conséquent sur la santé et l'économie en Suisse mais cela prendra beaucoup de temps avant d'arriver.

  • Vincent Castillo le 16.10.2019 10:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Enfin!!!!

    Très bien. C'est beaucoup mieux que tout ces antidouleurs aux effets secondaires importants. Ça éviterait de prendre d'autres médicaments pour contrer les effets secondaires etc etc etc...

  • Gio le 16.10.2019 10:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Hmm

    Enfin, c'est pas trop tôt

Les derniers commentaires

  • TheJoker le 17.10.2019 00:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Foutage de gueule x 1000

    Mais arrêtez vos conneries et faites comme à Amsterdam, USA etc... Et voilà qu'il y aura de l'argent qui va rentrer dans les caisses de l'Etat, et la police pourra enfin se concentrer sur les trafics de drogues dures et bien sûr sur le trafic au noir, car c'est dégueulasse ce qui se vend dans la rue (protéger les adolescents et adultes, car cbd c'est du foutage de gueule, 1% de thc n'importe quoi. Servez vous de l'exemple Amsterdam et USA (ils ont déjà essayer que se soient les médecins qui délivrent et regardez maintenant), on est au 21ème siècle et ceux qui décident sont de l'époque des dinosaures, pour eux il faut réprimender et avoir aucune tolérance. LÉGALISÉ UNE BONNE FOIS POUR TOUTES ET ARRETEZ DE PERDRE DE L'ARGENT BÊTEMENT. VOUS ADOREZ LES TAXES BEN VOILÀ UNE NOUVELLE

  • Fred Houze le 16.10.2019 18:37 Report dénoncer ce commentaire

    Bonne santé à tous

    Attention le piège se refermera contre nous. Les assurances dans leurs délires psychopathes actuels ont pour missions de dénir le monde médical. Je rentre de Floride... cest une catastrophe... Maintenant lassureur refuse de prendre en charge lantidouleur classique car plus chère que le cannabiolé. En plus des études récentes contredisent le fait que ces nouveaux produits soient bénéfiques sur les douleurs chroniques. En vous souhaitant une excellente santé à tous.

  • argent préssion le 16.10.2019 16:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    préssion argent

    les gens n'ont toujours pas compris pourquoi en Suisse on ne légalise pas car toute cest entreprise qui font leurs médicaments sont la pour l'argent et quand ta un produit qui guerri le cancer et bien d'autre choses ont bloque tout simplement l'accès à la plante en question car il l'ont bien compris c'est une plante de ouf et il ne peuvent pas en faire un Bizness car tout le monde peu le faire sois meme voila tout merci au lobby pharmaceutique

  • L.E. le 16.10.2019 15:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ..

    médecine n'est pas égale à santé. Encore et toujours juste pour les tunes

  • Yves remord le 16.10.2019 14:45 Report dénoncer ce commentaire

    mouais

    ils l ont compris depuis très longtemps , ce qui les déranges c est plutôt le manque de profit.