Votation 10 février

08 janvier 2019 16:05; Act: 08.01.2019 17:20 Print

Les opposants à l'initiative contre le mitage au front

par Christine Talos - Selon un comité de droite emmené par l'USAM, le texte des Jeunes Verts est nuisible et superflu. Les régions périphériques et de montagne souffriront en particulier.

Sur ce sujet
Une faute?

L'initiative contre le mitage est extrême et préjudiciable au développement. C'est en résumé la position d'un comité des milieux de droite et membre de l'Union suisse des arts et métiers (USAM). Il est venu dire devant la presse mardi à Berne tout le mal qu'il pensait du texte soumis au peuple le 10 février prochain.

L'initiative «Stopper le mitage - pour un développement durable du milieu bâti» veut mettre une limite à l'extension des zones à bâtir. Sa mesure phare prévoit que toute nouvelle parcelle à bâtir doit être compensée par le dézonage d'une parcelle de valeur équivalente ailleurs. En dehors de la zone à bâtir, seules les constructions destinées à l'agriculture dépendante du sol ou d'intérêt public et dont l'emplacement est imposé par leur destination pourraient être autorisées.

Besoins non pris en compte

Pour le comité opposé au projet, l'initiative est superflue. «Un gel absolu des zones à bâtir ne tient pas compte des besoins de la population et de l'économie, ni des différences cantonales et régionales», estime-t-il. «Personne n'est en faveur du mitage. En adoptant la loi révisée sur l'aménagement du territoire, les citoyens ont posé les jalons nécessaires. Les exigences fondamentales de l'initiative sont déjà prises en compte dans la nouvelle loi», explique-t-il.

L'initiative entraînerait une forte pénurie de terrains à bâtir dans certaines régions ainsi qu'une hausse des prix et des loyers, en particulier dans les régions périphériques et alpines, craignent ses opposants. «Il serait ainsi très difficile pour de nouveaux habitants ou des entreprises de s'installer dans ces cantons», estime ainsi Christine Bulliard-Marbach, conseillère nationale PDC et présidente du Groupement suisse pour les régions de montagne. Or «les cantons alpins et périphériques ne sont pas un parc naturel, ou un musée à ciel ouvert», martèle-t-elle.


Un jeune entrepreneur PLR radical, Leroy Bächtold, craint lui aussi des hausses de loyers, ce qui entraverait l'innovation en Suisse. «Alors que les grandes entreprises pourraient envisager de s'installer sous des cieux plus cléments, les jeunes entrepreneurs et les PME ne pourraient faire face à une augmentation de leurs loyers». En outre, les firmes risquent de ne plus pouvoir s'agrandir ou s'installer dans de nouvelles zones, avec un risque marqué de délocalisation, estime-t-il.

Discriminatoire

L'initiative affecte les entreprises et la population dans toute la Suisse d'une manière extrêmement discriminatoire, a mis en garde le conseiller national Fabio Regazzi. Dans de nombreuses régions, les effets de l'initiative sur les résidences secondaires, qui avait ignoré les particularités du territoire suisse, ne sont perçus que maintenant, a rappelé le Tessinois.

La révision de la loi sur l'aménagement du territoire de 2014 pose les jalons nécessaires pour contrer le mitage. Les exigences fondamentales de l'initiative sont déjà prises en compte dans la nouvelle loi. Les cantons et les communes mettent déjà en oeuvre ses exigences.

Le conseiller national Franz Ruppen (UDC/VS) craint de son côté qu'un canton ne disposant plus de zones à bâtir ne puisse plus en créer de nouvelles. Cela entraînerait une pénurie de terrains et une hausse des prix et des coûts de location. Les plus faibles seraient touchés. Le potentiel de développement de l'agriculture serait aussi affecté. La production indépendante du sol ne serait plus autorisée dans les zones agricoles, mettant un terme à de nombreux projets, selon lui.

(nxp)