Réfugiés

07 décembre 2011 16:06; Act: 07.12.2011 16:19 Print

Les pays s'engagent pour leur protection

Plusieurs Etats se sont engagés mercredi à Genève à renforcer la protection des réfugiés, lors d'une conférence marquant le 60e anniversaire de la Convention de l'ONU sur les réfugiés.

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La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a plaidé en faveur des apatrides. Au moins 35 Etats doivent annoncer de nouveaux engagements d'ici la fin de la conférence jeudi, a précisé le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Annoncée mercredi, la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey a prolongé son séjour à Vilnius, en Lithuanie, et parlera finalement jeudi.

Devant les représentants de 145 pays, dont près de 70 au niveau ministériel, le Haut Commissaire Antonio Guterres a exprimé ses craintes que la succession de crises politiques et le ralentissement économique mondial rendent plus difficile la protection des personnes forcées de fuir leur foyer. Il a critiqué ceux qui jouent sur l'incertitude et l'inquiétude du public pour alimenter la xénophobie.


Sentiments xénophobes

«Des personnalités politiques populistes et des éléments irresponsables dans les médias exploitent les sentiments de peur et d'insécurité et font des étrangers des boucs émissaires, tout en tentant de forcer l'adoption de politiques restrictives et en encourageant activement des sentiments racistes et xénophobes», a affirmé le Haut Commissaire.

«Les réfugiés ne sont pas une menace à la sécurité, mais plutôt les premières victimes de l'insécurité», a-t-il souligné. Il s'est aussi inquiété de la charge disproportionnée imposée aux pays en développement, qui accueillent 80% des réfugiés, et des conséquences du changement climatique.

«Les personnes déplacées de force par les catastrophes naturelles ne sont pas couvertes par le régime de protection des réfugiés et se retrouvent dans un vide juridique», a fait observer M. Guterres. Il a précisé que le HCR ne demande pas de nouvelle convention ou un mandat plus étendu, mais à chaque Etat de prendre de nouveaux engagements pour renforcer l'application des normes nationales et internationales.


Clinton: lois discriminatoires

«Au moins 30 pays empêchent les femmes d'acquérir, de conserver ou de transmettre la nationalité à leurs enfants ou à leurs conjoints étranger», a dénoncé pour sa part la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

«En raison de lois discriminatoires, les femmes ne peuvent souvent pas faire enregistrer leur mariage, la naissance de leurs enfants ou les décès dans leur famille», a déclaré la responsable américaine.

«Ces lois perpétuent des générations de personnes apatrides qui sont souvent incapables de travailler légalement ou de voyager librement», a déploré Hillary Clinton.

«Elles ne peuvent pas voter, ouvrir un compte bancaire ou posséder des biens et manquent souvent d'accès aux soins médicaux et d'autres services publics», a-t-elle souligné. Elle a promis que les Etats-Unis vont intensifier leurs efforts dans le monde pour faire modifier les lois discriminatoires sur la nationalité.


Plus de 43 millions de déplacés

La population mondiale de réfugiés, de demandeurs d'asile et de personnes déplacées en raison de conflits se chiffrait fin 2010 à 43,7 millions de personnes. Le nombre d'apatrides est estimé à 12 millions.

La Convention de l'ONU relative au statut des réfugiés a été adoptée le 28 juillet 1951 et est ratifiée par 145 pays. La Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie est ratifiée par seulement 40 Etats.

(ats)