Exportations de bétail

04 mars 2011 10:59; Act: 04.03.2011 12:13 Print

Les paysans veulent un retour des subventions

Les agriculteurs et éleveurs suisses se réjouissent que le Conseil national envisage de soutenir de nouveau les exportations de bétail.

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Le marché des exportations de bétail a chuté depuis qu'il n'est plus subventionné par l'Etat. (Photo: Keystone)

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Depuis que les exportations de bétail ne sont plus subventionnées, ce marché s'est écroulé. Agriculteurs et éleveurs saluent par conséquent la proposition d'une commission du Conseil national de redonner au Conseil fédéral la possibilité de soutenir ces exportations.

Cet avant-projet de la commission de l'économie, en consultation jusqu'à vendredi, prévoit de promouvoir les exportations à hauteur de 4 millions de francs par année afin de pallier les rapports de concurrence inégaux avec l'Union européenne (UE) et les difficultés d'écoulement du bétail. Cette somme serait puisée dans les paiements directs destinés à l'agriculture.

Effondrement

Depuis la suppression des subsides, début 2010, les exportations de bétail se sont effondrées, passant de quelque 5800 bovins en 2009 à 555 en 2010. Entre 2005 et 2009, les subventions de la Confédération s'élevaient à 5,6 millions de francs par année. Cela représentait environ 1000 francs par bête.

Ces montants avaient été biffés dans le cadre du cycle de négociations de Doha de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Comme les différences de prix par rapport à l'étranger ont diminué, les subsides ne s'élèveront désormais plus qu'à 60% des montants en vigueur en 2009.

Le Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB) soutient l'aide aux éleveurs, car elle est dans l'intérêt de l'économie des régions montagneuses et alpines. La production animale indigène est un facteur économique important dans ces régions.

Le SAB et l'Union suisse des paysans (USP) soulignent en outre que l'UE subventionne aussi les exportations de bétail. Sans soutien financier, les exportations helvétiques ne sont pas concurrentielles, écrit l'USP. Si possible, cette manne devrait déjà être versée l'automne prochain, au moment de la désalpe.

Argent bien investi

Swissherdbook - la plus grande fédération d'éleveurs du pays selon ses propres indications - estime que ces 4 millions peuvent être économisés ailleurs, a dit Simon Langenegger, un de ses responsables techniques interrogé par l'ATS. En comparaison avec l'étranger, ce montant est «certainement dans la fourchette inférieure».

Si l'on considère la situation économique sur le marché de l'élevage, les subventions à l'exportation sont de l'argent bien investi, estime M. Langenegger. Dans les zones d'herbage du pays, la vente de bétail exerce une grande influence sur le revenu de nombreux agriculteurs.

Du côté des partis politiques, les opinions divergent. Alors que l'UDC et le PDC soutiennent ces subsides, le PLR s'y oppose fermement. Le PS livrera sa prise de position dans l'après-midi.

L'avant-projet mis en consultation se base sur une initiative d'Elmar Bigger (UDC/SG). Au sein de la commission de l'économie du National, une minorité juge que sur le plan international, les aides à l'exportation sont considérées comme un important facteur de distorsion du marché et comme une mesure inefficace sur le plan économique.

(ats)