Prix des médicaments

25 juillet 2014 17:41; Act: 25.07.2014 17:45 Print

Les pharmas pas contents

La lutte autour des prix des médicaments en Suisse continue.

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L'industrie pharmaceutique s'insurge contre le nouveau système de fixation des prix proposé par la Confédération. Elle lui reproche de chercher uniquement à les faire baisser. Les assureurs, en revanche, craignent une hausse des tarifs.

La Confédération propose de changer le système de fixation du prix des médicaments dès l'an prochain. Entre autres mesures, les autorités proposent d'élargir à trois nouveaux pays la comparaison avec les prix pratiqués à l'étranger.

Avec les changements envisagés, le Département du conseiller fédéral Alain Berset entend stabiliser la hausse des prix des préparations originales. Un point qui réjouit les patients et les caisses maladie, mais pas l'industrie pharmaceutique, qui craint pour ses bénéfices.

«Il s'agit une fois de plus d'un projet axé uniquement sur la réduction des coûts», critique Interpharma, l'association des entreprises pharmaceutiques suisses pratiquant la recherche, qui rejette en bloc le projet du DFI en consultation jusqu'à vendredi.

Les pharmas reprochent à la Confédération de ne pas s'en être tenue à l'accord d'avril 2013 passé entre le DFI et la branche. Cet accord prévoyait de renforcer, lors des réexamens triennaux du prix des médicaments, la comparaison thérapeutique entre préparations.

Cette comparaison est prévue entre médicaments aux effets similaires et pas seulement entre mêmes produits. Un moyen de réduire la dépendance face aux prix pratiqués à l'étranger, selon elles.

Nouveau recours

«Ce n'est pas le cas avec ce projet», déclare à l'ats la porte-parole d'Interpharma Sara Käch. Elle critique le fait que la comparaison thérapeutique ne sera prise en compte que dans l'optique de faire baisser les prix.

«Le nouveau système est encore pire que celui contre lequel les entreprises pharmaceutiques ont fait recours par le passé», affirme Mme Käch. Et de prévenir que si rien ne bouge dans le projet actuel, les pharmas pourraient à nouveau faire recours.

Le DFI ne souhaitait pas vendredi répondre aux critiques des pharmas. Il doit d'abord examiner les différentes prises de position qui lui sont parvenues, a-t-il indiqué à l'ats.

Baisse de 150 millions?

Selon l'industrie pharmaceutique, le DFI ajoute encore de l'huile sur le feu en proposant d'étendre à la Belgique, la Finlande et la Suède la liste des pays pris en compte lors des comparaisons de prix. Cela «conduirait à un niveau des prix encore plus bas», craint Interpharma qui évalue le montant total des réductions de prix à 140 ou 150 millions de francs sur trois ans.

Une des faîtières des assureurs, santésuisse, voit les choses très différemment. Elle craint que la comparaison avec les trois nouveaux pays, «tendanciellement plus chers», ne fasse augmenter les coûts en Suisse.

Réexamen annuel

Santésuisse exige donc, de même que l'association de caisses Curafutura, de prendre en compte lors des comparaisons de prix avec l'étranger les partenaires économiques les plus importants pour la Suisse, par exemple l'Italie ou l'Espagne.

Les caisses maladie demandent également dans leur prise de position que le prix des médicaments soit réexaminé chaque année, et plus tous les trois ans comme actuellement. Un médicament doit remplir des critères de rentabilité à tout moment, selon santésuisse.

Une exigence qui trouve également le soutien de M. Prix, Stefan Meierhans, comme il l'a fait savoir dans un récent bulletin d'information. Selon lui, les médicaments devraient être soumis au taux de change nominal, comme toutes les marchandises.

(ats)