Economie

25 février 2020 11:03; Act: 25.02.2020 11:25 Print

Les prix sont trop élevés en Suisse, selon un comité

Les tenants de l'initiative «Stop à l'îlot de cherté» critiquent les majorations de tarifs que doivent payer les consommateurs suisses comparé aux pays étrangers.

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Selon le comité de l'initiative, les Suisses paient chaque année 3,33 milliards de francs en trop. (Photo d'illustration) (Photo: Keystone)

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Les acheteurs suisses paient le prix fort comparé à leurs voisins. Chaque année, plusieurs milliards s'échappent des porte-monnaie, selon les tenants de l'initiative populaire «Stop à l'îlot de cherté - pour des prix équitables», qui se fondent sur une étude récente.

Les majorations de prix imposées à la Suisse par les producteurs et fournisseurs étrangers renchérissent l'acquisition de biens pour les consommateurs, les PME, les artisans et le secteur public, écrivent mardi les initiants dans un communiqué, en marsge d'une conférence de presse à Berne. Tous devraient pourtant pouvoir acheter à l'étranger au prix du marché local et exploiter le potentiel d'économie.

A la demande de l'association «Stop à l'îlot de cherté - pour des prix équitables», la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse (FHNW) a réalisé une vaste analyse comparative sous l'égide du professeur Mathias Binswanger. Les chercheurs ont relevé les différences de prix entre la Suisse et l'étranger dans certains secteurs de la santé publique, de la gastronomie ainsi que de la recherche et de la formation.

Résultat: 3,33 milliards de francs payés en trop, rien que pour ces domaines non exhaustifs, selon l'étude. Chaque consommateur suisse pourrait ainsi économiser au moins 280 francs par an. Pour les individus, le plus grand potentiel d'économie se trouve dans l'habillement (1,9 milliard). En Suisse, les vêtements sont en moyenne 20% plus chers qu'en Allemagne par exemple.

PME et hôpitaux perdants

Les PME et l'artisanat comptent aussi parmi les perdants des prix majorés sur le marché suisse, tout comme l'hôtellerie-restauration. Chaque année, ce secteur paie ainsi environ 290 millions de francs en trop pour des appareils, des instruments de travail et des boissons non alcoolisées, illustre l'équipe de Pr Binswanger.

Pour leur part, les hôpitaux doivent faire face à des surcoûts élevés en raison de l'absence de liberté d'approvisionnement. Selon la FHNW, le potentiel d'économie s'élève dans ce secteur à 600 millions de francs par an. L'hôpital a examiné les prix de plus de 1500 biens de consommation médicaux. En moyenne, en Suisse, ils sont de plus d'un tiers supérieurs à ceux des pays voisins.

L'initiative populaire «Stop à l'îlot de cherté - pour des prix équitables» exige de la part des responsables politiques «des instruments efficaces pour combattre les majorations de prix injustifiées en Suisse». Le Conseil national l'examinera le 9 mars.

(nxp/ats)