«Basler Zeitung»

17 décembre 2011 18:40; Act: 17.12.2011 18:49 Print

Les propriétaires de la «Baz» attaqués

Samedi, à Bâle, un rassemblement a eu lieu à l'appel du mouvement «Rettet Basel» («Sauvez Bâle») créé en 2010 après l'arrivée de Christoph Blocher comme conseiller du groupe de presse.

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Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Bâle contre les propriétaires de la «Basler Zeitung». (Lecteur-reporter)

Une faute?

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Bâle pour protester contre les propriétaires de la «Basler Zeitung» et son rédacteur en chef, Markus Somm.

Pour les initiateurs de ce mouvement, l'UDC zurichois poursuit sa stratégie médias en se portant garant pour les pertes touchant les imprimeries de la «Baz». La diversité d'opinions n'est pas le soucis primordial des propriétaires, selon eux.

La «Baz» n'est plus un journal bâlois mais un projet politique des Zurichois, a déclaré le conseiller national socialiste Beat Jans. Lui-même préférerait que le quotidien soit la propriété d'un éditeur zurichois plutôt que de politiciens zurichois.

Certes les nouveaux propriétaires sont depuis cette semaine un cercle d'actionnaires autour de financier tessinois Tito Tettamanti qui avait déjà possédé brièvement le journal l'an dernier. Mais le fait que Christoph Blocher tire les ficelles en matière de compte- rendu politique est une attaque contre la démocratie, a ajouté M. Jans.

Bâlois insatisfaits

Si les propriétaires de la «Baz» se souciaient vraiment de la région de Bâle, ils se seraient débarrassés depuis longtemps du rédacteur en chef Markus Somm, selon le socialiste. Car aucun entrepreneur ne garde un chef qui outrage sans cesse sa clientèle, a-t-il ajouté.

Parmi les personnes présentes se trouvaient plusieurs personnalités. L'historien Georg Kreis, ancien président de la Commission fédérale contre le racisme, a tenu un discours tout comme l'ancien conseiller national socialiste Rudolf Rechsteiner. Celui-ci a d'ailleurs annoncé à cette occasion qu'il avait rompu cette semaine sa collaboration avec la «Baz».

«Journal forum»

La manifestation était soutenue notamment par les Verts et le PS des deux Bâles. Cette levée de boucliers faisait écho à divers articles parus samedi dans la «Baz» tentant de rassurer sur l'indépendance du journal.

Dans une interview, le nouveau président de la Baz-Holding, Filippo Leutenegger, affirme que la «Baz» doit rester autonome. Un journal qui veut représenter l'ensemble de la région de Bâle doit vivre d'opinions différentes, de bonnes enquêtes et d'analyses intelligentes, a indiqué le conseiller national (PLR/ZH).

Qualifier la «Baz» de feuille de droite sur le simple fait que c'est la ligne de son rédacteur en chef n'est pas correct, estime-t-il. Markus Somm l'a du reste répété: «Ce journal n'est pas une feuille d'opinion et ne le deviendra jamais», a-t-il écrit dans son article intitulé «Clarifications sur une affaire pas claire». Lui- même précise n'avoir jamais reçu de consignes. Auquel cas il rendrait son tablier.

Pas de censure

Il ajoute qu'il n'a jamais censuré un texte pour des raisons politiques. Chacun dans la rédaction doit défendre son point de vue avec les meilleurs arguments, et ceci est valable pour tous les journalistes, y compris le rédacteur en chef.

Concernant le rôle de Christoph Blocher, Markus Somm estime qu'il a commis une faute en n'expliquant pas sa position exacte. Toutefois, le Zurichois a voulu préserver la diversité, écrit-il. «Sans l'influence économique de Blocher, il n'y aurait plus à Bâle qu'une petite rédaction locale qui fournirait quelques articles à une centrale à Zurich», soutient M. Somm.

(ats)