Loisirs hivernaux

30 décembre 2008 10:07; Act: 30.12.2008 10:16 Print

Les raquettes à neige volent la vedette au ski de fond

L'Arc jurassien connaît depuis quelques années une explosion des randonnées en raquettes, activité qui vole la vedette au ski de fond.

storybild

(Photo: Keystone)

Une faute?

Ce phénomène ravit les milieux touristiques mais inquiète les associations de protection de la nature.

Retourner à la nature et quitter la civilisation pour gagner des espaces vierges de toute empreinte, inaccessibles aux promeneurs et aux skieurs. Voilà certaines des raisons qui poussent toujours plus de citadins à tenter l'expérience des raquettes. Sans oublier que cette «discipline» n'est pas chère et n'exige pas de formation.

Sentiers balisés

Pour répondre à cet engouement, de nouveaux parcours sont inaugurés chaque hiver. Dans l'Arc jurassien, une centaine de km de pistes attendent les randonneurs. Des offices du tourisme en passant par les magasins, tout le monde mise sur les raquettes. Une activité qui constitue un apport économique non négligeable pour les métairies.

«Les demandes de renseignements pour les raquettes à neige sont en nette augmentation», relève Monika Kornmayer de Jura Tourisme à Saignelégier (JU). Nombreux sont les amateurs à venir de la Suisse alémanique ou de la région biennoise. «Nous accueillons aussi bien des familles que des groupes».

Accessible à tous

La multiplication des points de location de cet équipement illustre le succès de cette pratique, relève Katherine von Ah, directrice de Jura bernois Tourisme. Nombreux sont les touristes à quitter les promenades à pied sur les chemins hivernaux pour les raquettes. «Cette discipline est accessible à tout le monde».

Phénomène également relevé par un magasin de location d'articles de sport à Tramelan (BE): «Depuis plusieurs années, la demande de raquettes à neige est en hausse», explique une vendeuse. Mais cet article n'est pas parvenu à détrôner l'équipement de ski alpin.

Reste que le nombre d'adeptes ne cesse d'augmenter à l'instar de Didier. «Je trouve dans cette activité une paix de l'esprit, une forme de communion avec la nature», explique ce quadragénaire qui parcourt à raquettes le Mont-Sujet aux Prés-d'Orvin (BE).

Respect de l'environnement

Si les guides et les offices du tourisme rendent le randonneur à raquettes attentif au respect de la faune et de la flore, personne ne l'empêchera de quitter les sentiers. D'autant que cela n'est pas illégal. Mais il risque de déranger des animaux affaiblis par les rigueurs de l'hiver.

«Les gens vont parfois dans tous les sens et ne sont alors plus canalisées», explique Nicolas Wüthrich, porte-parole à Pro Natura, évoquant un réel problème. D'où l'importance de sensibiliser les randonneurs pour qu'ils ne quittent pas les chemins balisés. Les organisateurs doivent eux se renseigner auprès des communes pour s'assurer qu'ils ne vont pas empiéter sur une réserve naturelle.

Une intrusion dans une réserve peut affoler des chamois, des chevreuils ou des tétras-lyre. En s'enfuyant dans la haute neige, les animaux doivent déployer beaucoup d'énergie ce qui peut leur être fatal. Les bêtes peuvent payer au prix fort ce sentiment de liberté.

Prudence

Le randonneur doit également faire preuve de prudence comme pour tous les sports d'hiver et surtout ne pas surestimer ses capacités. La chaîne jurassienne exige d'être approchée avec prudence, mettent en garde les Chemins de fer du Jura (CJ). Brouillard et blizzard peuvent transformer une balade en aventure périlleuse.

(ats)