Travail

11 décembre 2018 13:24; Act: 11.12.2018 18:41 Print

Les seniors, une solution au manque de personnel?

Selon une étude, les entreprises auraient tout à gagner à engager des travailleurs plus âgés. Mais cela requiert un changement de mentalité.

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(Image d'illustration) Les entreprises suisses rechignent encore souvent à engager des seniors, pourtant très qualifiés. (Photo: AFP)

Une faute?

La pénurie de main d'oeuvre est une problématique qui gagne du terrain en Suisse. Pour les entreprises, cela constitue un désavantage compétitif, selon une étude du cabinet de conseil Deloitte publiée mardi. Des solutions existent, notamment en mobilisant les collaborateurs plus âgés, mais cela exige un changement de perception des entreprises envers cette classe d'âge.

Mobilisation des «réserves latentes»

«En 2016, il y a eu pour la première fois plus de départs du marché de l'emploi que d'arrivées. Si cela continue, d'ici 2030, nous aurons un manque en personnel d'un demi-million» de salariés s'inquiète Myriam Denk, directrice de l'étude.

Quelques secteurs, comme ceux des technologies de l'information et de la communication ainsi que de la santé, peinent déjà à trouver une main d'oeuvre qualifiée. Selon Mme Denk, l'automatisation ne permettra pas de compenser complètement la pénurie en la matière. Des solutions existent à l'instar de la mobilisation des «réserves latentes», soit les personnes travaillant à temps partiel, en premier lieu les femmes et les plus de 55 ans, explique-t-elle.

Travailleurs les plus motivés

Mais les préjugés des entreprises suisses ont la vie dure et un tiers d'entre elles considèrent que les collaborateurs plus âgés sont un désavantage concurrentiel. Pourtant, il ressort de l'étude que les travailleurs de plus de 55 ans sont les plus motivés parmi toutes les tranches d'âge (85%). Chez les plus de 50 ans, 27% souhaitent continuer de travailler après la retraite, surtout lorsqu'ils sont très qualifiés.

Pour Mme Denk, il faudra que les entreprises changent leur point de vue, car se focaliser uniquement sur la main d'oeuvre plus jeune serait commettre une erreur stratégique. L'étude est basée sur un sondage auprès de 15'000 personnes en Europe, dont 1000 en Suisse.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Philippe Php le 11.12.2018 14:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et la marmotte...

    Oui et surtout en prenant nos seniors, au lieu d'Euro-frontaliers, la circulation ne pourra qu'y gagner... Messieurs les patrons n'oubliez pas que vous êtes responsable du blocage de la ville une bonne partie de la journée. Vous économisez en salaire, mais si votre entreprise nécessite des déplacements, vous perdez en rentabilité, vos employés sont pas productifs dans les bouchons...

  • Ernest Pellegrini le 11.12.2018 14:57 Report dénoncer ce commentaire

    Etudes et statistiques.

    Ah ah ah ! Quand on pense qu'à 50 ans on est déjà hors circuit parce que les employeurs doivent payer plus de charges et engagent des jeunes ou des étrangers meilleurs marché, alors je rigole bien en lisant cette étude de Deloitte. Il ne fallait pas qu'ils se donnent autant de peine ni dépenser de l'argent pour arriver à ces conclusions. C'est comme dire, étude faite par Caritas dans les années 90, que ce qui gagnent moins vivent moins bien que ce qui gagnent plus.

  • Ulysse le 11.12.2018 16:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une bombe à retardement

    Comme dirait l'autre, le recrutement et la rétention des plus de 50 ne constituent pas la priorité des employeurs suisses. Trop souvent, les + de 50 ans sont assimilés à l'usure, l'obsolescence, le déclin des compétences et facultés plutôt que la transmission du savoir et des connaissances intergénérationnelles. De plus, ils coûtent beaucoup plus cher surtout à cause de la LPP. Ça c'est la pure et dure réalité du terrain. Tout le reste n'est que garniture. Bienvenue aux nouveaux pauvres, fins de droits, chômeurs de longue durée après toutes ces années à bosser pour cette société qui maintenant les rejette. Une bombe retardement. Un honte pour nos politiques qui ne font rien (à part le canton de Vaud, chapeau ) et qui s'agitent avant chaque élection et ensuite ne font toujours rien.

Les derniers commentaires

  • mbaox le 12.12.2018 18:14 Report dénoncer ce commentaire

    Et le fonds du problèmes

    Je pense que c'est une très bonne idée de proposé à nos sénior de continuer à travailler s'il le souhaite. Ils ont des compétences qui sont utile, ne serait-ce que dans la supervision ou le contrôle qualité. Par contre, la où je tique un peu c'est que Deloitte ne semble pas avoir chercher la cause du bilan migratoire négatif qui se trouve certainement dans le force du CHF et dans un engagement moindre que le flux migratoire entrant. La progression du nombre de chômeur arrivant en fin de droit semble confirmer mes hypothèses.

  • Adam le 12.12.2018 08:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    esclaves du XXI

    Les 50+ sont les enfants chéris des entreprises de location de services. Ils sont bien formés et peuvent être payés au lance-pierre. Ou l'esclavagisme moderne.

  • Daniel le 12.12.2018 00:05 Report dénoncer ce commentaire

    Vous faîtes sourire un keynésien

    Pauvre Mme Denk, quand votre temple de la pensée dominante arrivera enfin au constat que la supply side economics est à bout touchant, que nos sociétés se confrontent à un excès d'offre sur les marchés et qu'en parallèle vous avez une dichotomie de la demande agrégée, vous aurez enfin saisi qu'un nouveau paradigme s'est opéré. Vous me faîtes doucement sourire en usitant le terme de "réserves latentes" car Marx dénonçait, lui, "l'armée de réserve" pour le chômage créé volontairement pour usiter cette variable comme un ajustement des coûts de M.O. Gardez "vos larmes" de crocodile, svp.

  • Pape RASs le 11.12.2018 23:59 Report dénoncer ce commentaire

    Surplus administratif

    En Valais, c'est soi-disant l'Etat qui prend en charge pendant deux ans les charges d'un salaire pour un employé de 50 et plus. C'est cool, oui, mais quel patron veut s'embirlificoter de la paperasse à remplir pour avoir droit à cette prise en charge par l'Etat?

  • TropCher MonFils le 11.12.2018 23:48 Report dénoncer ce commentaire

    Beaucoup d'eau va couler sous les ponts

    Ah ça c'est sûr, il y a beaucoup à changer. Ça doit commencer par les patrons qui disent à M. XY qui a 54 ans, en fin de droit, qu'il est trop vieux, Donc M. XY passe le message à son assistante sociale en lui demandant que faire si les patrons lui disent qu'il est trop vieux. Réponse: Je ne sais pas. Ensuite, elle dit à M. XY: "Comprenez-moi, je ne peux pas dire à mes supérieurs que M. XY ne trouve pas du travail parce qu'il a 54 ans." Ensuite quand on pose la question: "Que leurs dites-vous alors?" On ne reçoit pas de réponse. Donc avant que les patrons engagent les seniors...