Préalpes

06 décembre 2011 14:38; Act: 06.12.2011 14:43 Print

Les stations devront trouver d'autres pistes

Les stations des Préalpes disparaîtront si elles misent uniquement sur l'atout ski.

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Alors que la neige tarde à venir, le Credit Suisse publie mardi une étude sans équivoque sur 31 destinations de sports d'hiver en Suisse. Pour s'en sortir, les stations de moyenne altitude devront améliorer l'offre estivale ou tabler sur les manifestations culturelles. Les stations du Valais et des Grisons, en revanche, apparaissent comme les gagnants du changement climatique.

Généralement à plus haute altitude, les stations du Valais et des Grisons souffriront moins de problèmes d'enneigement que leurs concurrentes allemandes et autrichiennes. Selon les estimations actuelles, de nombreux domaines de la Forêt-Noire, par exemple, resteront sans neige ou présenteront des saisons plus courtes dès 2030.

Une relative bonne nouvelle pour le Vieux-Pays, qui souffre actuellement de la forte concurrence autrichienne, où les équipements et établissements sont plus récents et meilleur marché. La différence de prix peut aller jusqu'à 20%. Souvent pointé du doigt, le sens de l'accueil n'est en revanche apparemment pas si mauvais, en tout cas au niveau suisse. Selon une étude du Forum économique mondial, la Suisse est juste derrière l'Autriche, mais bien avant des pays comme l'Allemagne, la France et l'Italie.

Si la situation est relativement confortable pour le Valais et les Grisons, certaines stations vaudoises et fribourgeoises doivent impérativement négocier parfaitement le virage climatique: elles ont intérêt à diversifier leur offre en s'orientant vers le bien-être, la culture ou les sports de plein air. «C'est un défi pour les stations préalpines, appelées peut-être à faire des choix courageux», a expliqué à la RSR Sara Camazzi Webber, responsable adjointe au service de recherche économique du Credit Suisse. Cela passera par une redéfinition de l'offre en termes de ski et une réorientation aussi vers la saison estivale.

Selon les auteurs, la Suisse ne tirera pas son épingle du jeu dans la concurrence sur les prix avec l'Allemagne et l'Autriche. Le coût de la main-d'oeuvre et la force du franc pèsent trop sur la Confédération pour cela. Et cela même si l'impact du taux de change sur l'évolution des nuitées est plus faible qu'on ne le pense généralement. Une appréciation de 10% du franc suisse, par exemple, se traduit seulement par une diminution de 0,8% des nuitées pour les touristes allemands. L'actuelle baisse du chiffre d'affaires de la branche est davantage imputable à des baisses de prix qu'à une diminution de la fréquentation.

Classe moyenne et familles dans la cible

Que faire alors, si le levier des prix n'est pas la bonne piste? Proposer des prestations supplémentaires comme des nuitées additionnelles ou des forfaits de ski gratuits, suggèrent les auteurs de l'étude.

Dans le domaine hôtelier, cibler l'offre sur la classe moyenne pourra être une planche de salut. Le segment du petit budget va gagner en importance, car les touristes seront de plus en plus sensibles au prix. Quitte à sacrifier un peu sur le confort. Les établissements qui veulent se profiler sur ce créneau devront soit tenter d'occuper une niche clairement définie (vacances familiales ou sportives par exemple), soit se démarquer davantage des segments du luxe et du petit budget. En été, c'est le rapport qualité-prix qui sera primordial.

L'offre aux familles, l'appel aux jeunes ou l'argument écologique seront des clés de survie. Pour les familles, par exemple, les hôtels devront offrir des chambres spéciales familles, des activités pour les enfants, des possibilités de garde et une offre complète de bien-être. Selon le Credit Suisse, les petites stations n'auront pas forcément avantage à multiplier les offres, mais plutôt à trouver des marchés de niche.

L'étude a analysé en détail l'offre et la demande notamment pour les stations de Crans-Montana, Verbier, Saas-Fee, Val d'Anniviers, Zermatt, Saas-Almagell et Loèche-les-Bains en Valais. Dans le canton de Vaud, l'étude a pris en compte Leysin-Les Mosses et Villars-Gryon.

L'analyse conclut que Zermatt et St-Moritz disposent de l'offre la plus ample et sont les lieux de villégiature les plus demandés. Gstaad et Engelberg sont aussi bien notés. Davos et Crans-Montana, en revanche, rencontrent un succès inférieur à la moyenne malgré une offre importante. La station du Haut-Plateau et la destination Val d'Anniviers ont toutes deux connu une baisse des nuitées depuis 2003.

(ap)