Spiez (BE)

02 décembre 2016 14:18; Act: 02.12.2016 16:31 Print

Les victimes ont été poignardées 121 fois

Un père et son fils répondront dès lundi du meurtre de deux personnes, en 2013 à Spiez (BE). L'acte d'accusation livre de nouveaux détails.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Le fait divers avait choqué toute une région: le 11 mai 2013, deux corps sont retrouvés dans un foyer pour jeunes en difficulté de Spiez (BE). Les victimes sont le directeur, âgé de 53 ans et sa compagne, âgée de 51 ans.

Le Tribunal régional de l'Oberland bernois jugera cette affaire dès lundi. Les deux accusés sont un Suisse de 48 ans et son fils de 19 ans. Ils sont placés depuis novembre 2014 en détention préventive. L'acte d'accusation, mis à la disposition du grand public, donne quelques détails sur une affaire restée jusqu'ici plutôt obscure.

Plus de 100 coups de couteau

La compagne du directeur a été la première victime. Le père l'a d'abord frappée puis a invité son fils à en faire de même. La quinquagénaire a reçu des coups de couteau au visage, dans le cou, le torse, les bras et les jambes. En tout, elle a été poignardée 56 fois. Le fils a été blessé dans l'altercation.

Ensuite, les tueurs s'en sont pris au directeur. L'homme a reçu 65 coups, dans à peu près tous les organes vitaux. Selon l'acte d'accusation, presque chacune de ces blessures aurait pu, à elle seule, causer la mort.

Mobile: la vengeance

Le Ministère public bernois part du principe que cette sauvagerie est une vengeance. Le jeune homme de 19 ans et son frère ont passé quelque temps, en 2003, dans ce foyer. Là, le premier y aurait été battu, fouetté et ridiculisé par les autres enfants. Comme il avait des problèmes d'incontinence, il avait dû dormir dans des draps mouillés. A l'époque, le père avait déjà proféré des menaces de mort contre le directeur.

Les deux prévenus n'ont que partiellement avoué les faits et l'arme (ou les armes), n'a jamais été retrouvée. Le procureur estime toutefois avoir un dossier assez solide. «L'ADN a parlé», avait déclaré Christof Scheurer, porte-parole du Minstère public, à «20 Minuten» en mai dernier.

Procès en deux phases

Le procès du père commence lundi. Il risque une peine d'au moins 10 ans de prison pour assassinat. Le verdict est attendu pour le 13 décembre.

Son fils, qui n'avait que 16 ans au moment des faits, sera jugé entre le 14 et le 16 décembre par le Tribunal des mineurs bernois. Il risque une peine de 4 ans.

(sul/kaf/dmz)