Berne

02 décembre 2019 13:25; Act: 02.12.2019 14:25 Print

Les viticulteurs en colère contre le vin étranger

Sous le slogan «les raisins de la colère», les viticulteurs suisses ont dénoncé la concurrence des vins importés lundi à Berne.

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Quelque 150 à 200 viticulteurs, principalement Romands, ont manifesté lundi à Berne pour défendre leur travail et le vin suisse. Ils exigent notamment une limitation des importations de vin étranger.

L'action, intitulée «les raisins de la colère» et qui devait avoir lieu sur la Place fédérale, a été déplacée vers le casino. Les rassemblements devant le Palais du Parlement ne sont pas permis en période de session.

Les manifestants, venus surtout des cantons de Vaud, Valais et Genève, ont profité de la session parlementaire qui débute pour alerter les élus sur les menaces qui pèsent sur la viticulture et de nombreux autres métiers de l'agriculture. Ils devaient rencontrer certains d'entre eux, ayant répondu à leur invitation.

Vin étranger trop bon marché

Alors que leurs stocks s'accumulent, la part de vin étranger consommé en Suisse est supérieure à celle des produits indigènes. «En Suisse, on boit près 80 millions de litres de vins suisses et 170 millions de vins étrangers», a expliqué à Keytone-ATS Alexandre Fischer, viticulteur-caviste à Yens-sur-Morges (VD) qui a initié l'opération.

Pour lui et ses collègues, impossible de concurrencer le prix des vins importés. «Ils sont vendus à trois ou quatre francs la bouteille, alors que nous devons vendre les nôtres à dix ou quinze», a-t-il souligné.

Certains accords engendrent une concurrence déloyale et mettent en avant des normes environnementales étrangères moins restrictives que celles appliquées en Suisse, selon leur tract. Les manifestants souhaitent plus de soutien de la part de la Confédération ainsi qu'un réexamen des taxes à l'importation des vins étrangers.

Rencontre avec Guy Parmelin

Les viticulteurs des «Raisins de la colère» doivent s'entretenir avec le ministre de l'économie Guy Parmelin le 17 décembre. Ils présenteront leurs doléances au conseiller fédéral à cette occasion.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • C'est moi le 02.12.2019 14:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    un peu de bon sens !

    Il serait en effet temps de soutenir les acteurs de notre économie locale qui se meurt à petit feu ! Arrêtons de croire au marché libre où les autres pays ne jouent pas avec les mêmes règles qu'en Suisse !

  • joseph le 02.12.2019 14:32 Report dénoncer ce commentaire

    une première partie de solution

    Une solution simple serait déjà d'obliger les restaurants à en mettre sur la carte et pas que 1 ou 2 vins et surtout de diminuer la marge scandaleuse au regard du travail du vigneron que prennent les restaurateurs sur les bouteilles

  • Chrizo le 02.12.2019 14:32 Report dénoncer ce commentaire

    Taxer oui, mais pas juste pour protéger

    A tous ceux qui critiquent les vignerons : avant le vin rouge Suisse était une piquette infâme se vendant fort cher et fort mal. Puis les droits de douane ont baissés et la qualité s'est améliorée de façon remarquable. Le vin blanc tirait un peu mieux son épingle du lot mais la consommation est Moindre. D'autres nouveaux pays sont arrivés depuis sur le marché, Chili, Argentine, Afrique du Sud. Leur prix bas menacent beaucoup de viticultures. Une partie est due à la mondialisation, l'autre aux différence de normes et cette dernière partie devrait être protégée par une taxe à l'importation.

Les derniers commentaires

  • Lu Ming le 03.12.2019 18:53 Report dénoncer ce commentaire

    Notre pays est cher

    J'ai été restaurateur est le problème était le même. Certains nous reprochaient d'être trop cher et prenaient comme exemple la France voisine. Mais comment voulez-vous tourner avec des prix européens à Genève, quand pour un resto de quatre employés vous ne pouvez pas descendre en dessous de 30000.- de frais fixes ? Combien de plats dû jours ?

  • Marie le 03.12.2019 09:24 Report dénoncer ce commentaire

    Madame

    Soutenons nos producteurs locaux. Local-prod.co, une cartographie des producteurs locaux

  • E. Konomiste le 03.12.2019 07:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Restructurations en vue

    Au fond on devrait délocaliser Lavaux en Argentine comme le fait le reste de la production industrielle ailleurs qu'en Suisse

  • Sou riant le 03.12.2019 07:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une idée, comme ça

    A quand le vin équitable? Je paie volontiers plus pour imaginer des gens heureux derrière l'étiquette

  • Emma Télé Est Allumé le 03.12.2019 06:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pleure pas ça dilue le pinard

    Le vin n'est pas un bien de consommation lambda, le vin s'apprécie se déguste, quand tu fais de la qualité qu'importe le prix la provenance l'amateur dépense , il semble logique que quand tu fais une « majorité »de saloperie débouche chiotte au prix de l'or, personne n'en veux, imposer un quota pour que l'on force le consommateur via les restaurateurs ça va pas drainer la qualité vers le haut...il vont faire plus de noce à plusieurs millions, plutôt que de s'occuper du raisin, je trouve curieux cette attitude qui est de pleurer à la concurrence déloyale et d'oser faire de l'oeil de perdrix :)