Implenia

28 novembre 2010 10:46; Act: 28.11.2010 10:53 Print

Leuenberger justifie son engagement

Dans une interview, l’ancien ministre évoque les raisons de son choix d'un mandat auprès d'Implenia. Il insiste aussi: «Si on abuse de moi, je me retirerai.»

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La décision prise par Moritz Leuenberger d’accepter un mandat de l’entreprise de construction Implenia a non seulement suscité des vagues dans l’opinion publique mais aussi des critiques acerbes dans les rangs de son propre parti.

Dans une interview accordée au «SonntagsBlick», l’ancien conseiller fédéral défend son cas: «Pourquoi donc les ministres de gauche atterriraient-ils toujours et comme par fatalité dans les conseils d’administration d’institutions culturelles alors que les radicaux-libéraux entrent dans l’industrie?» Pourquoi des hommes de gauche ne s’engageraient-ils pas activement dans le monde économique, s’interroge l’ancien ministre.

Moritz Leuenberger recevra 100 000 francs de dédommagements pour douze séances annuelles au conseil d’Implenia. Qu’apportera-t-il a cette entreprise et pourquoi l’avoir choisie? «Implenia cherchait quelqu’un avec des compétences autres que purement économiques. Quelqu’un qui puisse mettre en garde les spécialistes, les ramener à une certaine réalité. «Et d’ailleurs, Implenia vient de mettre sur pied une stratégie de durabilité dans l’entreprise. Elle aimerait être une compagnie qui se comporte correctement du point de vue social et éthique», explique Moritz Leuenberger.

Le Zurichois se montre peu sensible aux critiques émises par des membres influents de son parti et il ne songe pas à se retirer d’Implenia même si le parti socialiste le lui demandait: «Mon parti ne m’a pas choisi pour ce job. Je n’ai pas de comptes à lui rendre mais je resterai fidèle à mes convictions personnelles profondes. Mes principes ne se fondent pas sur le dépassement du capitalisme. Je veux participer au développement durable de l’industrie. C’est à cette aune-là qu’on me jugera d’ailleurs», ajoute Moritz Leuneberger.

A-t-il peur de devenir un otage du grand capital, l’ancien chef du Detec? «Je ne méconnais pas ce danger et suis d’ailleurs très curieux de savoir comment cela va se passer. S’il devait cependant s’avérer qu’on se sert de moi pour une raison ou une autre, je démissionnerais immédiatement», admet le fils de pasteur.

Et Moritz Leuenberger de conclure: «Je continue à vouloir participer activement au destin de la société et j’aime l’idée de pouvoir introduire mes convictions dans le monde de l’industrie».

(rga)