Centenaire de l'OIT

10 juin 2019 18:00; Act: 10.06.2019 18:09 Print

Liberté syndicale: la Suisse sur liste noire mardi?

L'OIT reproche à la Suisse de ne pas suffisamment protéger les travailleurs actifs dans des syndicats en cas de licenciement. Guy Parmelin va mener une médiation entre patrons et syndicats.

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Guy Parmelin a prévu de mener une médiation entre les patrons et les syndicats. (Photo: Keystone)

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La Suisse, qui pourrait être épinglée mardi par l'OIT sur une liste noire d'environ 25 pays pour des violations de la liberté syndicale, veut trouver une solution face à ce problème. Le conseiller fédéral Guy Parmelin va mener une médiation entre patrons et syndicats.

La Commission de l'application des standards de l'Organisation internationale du travail (OIT) a entamé lundi une discussion sur une liste de 40 pays accusés de violer leurs obligations internationales, dont la Suisse parmi trois Etats européens seulement. Selon des sources convergentes, elle la raccourcira mardi à environ 25 pays.

En cause, l'OIT reproche à la Suisse de ne pas suffisamment protéger ses travailleurs actifs dans des syndicats en cas de licenciement pour leurs efforts dans ce cadre. Certes, le droit suisse considère qu'un licenciement est abusif lorsque celui-ci est lié à une activité syndicale légale. Le dédommagement maximal est toutefois de six mois de salaire. Selon l'OIT, cette compensation ne suffit pas.

«Nous n'aimons pas tellement ces listes», a admis devant quelques journalistes le conseiller fédéral Alain Berset, après avoir ouvert lundi matin la Conférence du centenaire de l'OIT à Genève. Mais il considère surtout qu'un maintien sur la seconde liste «serait une invitation à reprendre rapidement la discussion».

Or, le chef du Département fédéral de l'intérieur (DFI) a annoncé que son collègue Guy Parmelin a prévu de mener une médiation entre les patrons et les syndicats. «Nous devons continuer» à oeuvrer, ajoute aussi M. Berset, qui souhaite rapidement «une solution satisfaisante pour tous».

Davantage de dialogue

L'organisation estime que les réglementations suisses pourraient faire taire des travailleurs engagés dans des syndicats. Pour expliquer sa décision de placer la Suisse sur la liste noire, elle mentionne notamment le licenciement de plusieurs personnes dans un hôpital neuchâtelois après un conflit social.

Selon la commission de l'OIT, le dédommagement doit honorer un certain nombre de conditions. Parmi elles, une grande entreprise devrait davantage passer à la caisse qu'une PME.

Dans son dernier rapport à l'OIT, le Conseil fédéral précise que les partenaires sociaux campent sur leurs positions sur cette question. Les syndicats souhaitent au moins douze mois de salaire et la possibilité d'un réengagement. De leur côté, les employeurs s'opposent à une augmentation de la compensation. «Nous sommes bien conscients que du dialogue est nécessaire», affirme encore M. Berset. Plus largement, il estime toutefois que la situation du partenariat social «s'est améliorée» ces dernières années après des moments «plus tendus» en Suisse.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Mise en perspectives ! le 10.06.2019 19:18 Report dénoncer ce commentaire

    Profond changement de situation !

    Pendant des décennies, la Suisse a bénéficié du plein emplois. L'absence de protection des travailleurs n'avait pas d'importance car les licenciés retrouvaient rapidement du travail. L'ouverture des frontière a fondamentalement changé la situation. Une personne licenciée peut avoir beaucoup de difficulté a retrouver de l'emplois et doit souvent revoir drastiquement ses exigences a la baisse. Si la Suisse persiste a se rapprocher des conditions de l'UE, les effet sont prévisibles: Appauvrissement des salariés, Salaire minimum, Syndicalisme puis Révolte. Les mêmes causes créent les mêmes effets.

  • Jack Dany le 10.06.2019 18:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une liste bien noire encre

    La Suisse doit être mise sur une liste bien noire pour licenciements massifs des plus de 50 ans à cause des coûts injustement causés par le 2ème pilier qu'elle a elle - même instauré. Était-ce voulu dès le départ d'avoir une assurance autant antisociale ? On peut le croire. ..

  • Richie Rich le 10.06.2019 18:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Plus que libéral

    Ça étonne encore quelqu'un? Nous sommes au paradis du patronat depuis la nuit des temps. Avec la libre circulation, le dumping est devenu légal, merci patron!

Les derniers commentaires

  • Mieux vaut en rire... le 11.06.2019 13:53 Report dénoncer ce commentaire

    De qui se moque-t-on dans ce pays ?

    Un UDC pour étudier la situation des situations et des travailleurs et travailleuses. La bonne blague ! C'est comme utiliser un voleur pour surveiller les entrées d'argent d'une banque.

    • Ou pas.... le 11.06.2019 23:28 Report dénoncer ce commentaire

      mieux vaut en rire

      Vos sources pour affirmer une chose pareille ? ou c'est un affirmation gratuite ? (pour changer...)

  • Jean-Marc Cousin, Yverdon. le 11.06.2019 13:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Super, pour autant que...

    Cette médiation soit objective et menée par une autre personne que G. Parmelin ou un de ses autres acolytes UDC ou de l'extrême UDC

    • ..... le 11.06.2019 23:29 Report dénoncer ce commentaire

      ....

      Et pourquoi ?

  • IP-IP le 11.06.2019 11:29 Report dénoncer ce commentaire

    Salaire de base pour tous

    Patrons, salariés, syndicats à quoi vont-ils servir dans un proche avenir. D'ici 30 ans le monde du travail aura complètement changé. La technologie aura supprimé un bon nombre d'emplois et la façon de voir les choses. Nous avons entamé une nouvelle ere et il faudra se battre pour un monde plus équitable, plus respectueux Moins agressif. L'OIT devrait plutôt voir comment faire pour rémunérer les sans travail. Ils seront env. 50%. Les années du plein emploi c'est fini à jamais. Aux robots qui ont pris les places de travail de payer des impôts, des taxes qui seraient redistribuées.

  • Rodrigues Maria Manuel le 11.06.2019 11:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Liberté syndical la suisse sur la liste noire ...

    Je travail depuis 35 ans en suisse e je me trouve dans une situation catastrophique..c'est em siusse que je sait que c'est avoir faim..c'est honteux

  • S. Allende le 11.06.2019 09:51 Report dénoncer ce commentaire

    Sans protection

    Comment le C.F et ces politiciens peuvent ils défendre les travailleurs, s'ils sont à la solde de lobbys et des patrons. Pas besoin de parler des syndicats, ils n'ont jamais rien fait pour les travailleurs.