Romand enlevé au Mexique

09 juin 2011 13:53; Act: 09.06.2011 15:52 Print

Luc Barthassat critique l'inaction de Calmy-Rey

Le Conseiller national genevois Luc Barthassat a interpellé le Conseil fédéral. Il souhaite avoir des précisions sur l'action du DFAE à la suite de l'enlèvement d'un citoyen suisse au Mexique.

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Olivier Tschumi, un Jurassien bernois de 49 ans, a été kidnappé le 19 décembre 2010 dans une ville près de Mexico. Le 22 mai 2012, près de 17 mois après sa disparition, sa famille annonce l'organisation d'un concert de musique classique de soutien, dans une église à Paris. Le but de cette manifestation est de «créer une «chaîne musicale» pour dire partout qu'Olivier mérite une enquête sérieuse et pour dénoncer la violence catastrophique présente quotidiennement au Mexique» a expliqué sa soeur Frédérique Santal. «Malgré tous nos efforts et une lutte sans merci, personne n'a encore retrouvé sa trace depuis son enlèvement le 19 décembre 2010. L'enquête au Mexique (pour autant qu'il y en ait une) piétine, nous n'avons accès à aucun document et ne recevons aucune information du suivi des investigations», déplore sa soeur.. «Entièrement livrés à nous même, nous, sa famille devons faire face à de grandes difficultés de tous ordres» a précisé Frédérique Santal. «Le matin 19 décembre 2010, il a été kidnappé dans une forêt de Cuernavaca alors qu'il faisait son footing avec ses deux chiens», raconte sa sur, Frédérique Santal. Le 9 juin 2011, le Conseiller national genevois Luc Barthassat avait déposé une série de questions au Conseil fédéral. Il souhaite avoir des explications sur le rôle du DFAE suite à la disparition d'un romand au Mexique. Le 19 mai 2011, 5 mois après sa disparition, les autorités mexicaines ont annoncé l'arrestation du chef de la police de Cuernavaca. Juan Bosco Castañeda (à g.) est accusé de protéger un cartel de la drogue. Il avait déjà été suspecté de liens avec les ravisseurs d'Olivier Tschumi, dans cette ville située à 90 km au sud de Mexico. Le responsable de la police a été arrêté dans son bureau quelques heures après la capture de Victor Manuel Valdez, chef local du cartel du Pacifique sud, a indiqué une source militaire. Le gouvernement mexicain offre une récompense jusqu'à 5 millions de pesos (environ 380'000 francs) pour retrouver Olivier Tschumi. Le lundi 18 avril 2011, la soeur d'Olivier Tschumi, déçue par le manque de soutien du DFAE et de Micheline Calmy-Rey, a lancé un appel, lors d'une conférence de presse, à se mobiliser pour retrouver son frère. Le lendemain de son rapt, une rançon de 10'000 dollars a été versée. Olivier n'avait toutefois pas été libéré. C'est dans cette forêt près de chez lui, à Cuernavaca, qu'Olivier Tschumi a été enlevé alors qu'il se promenait avec ses deux chiens. Sa mère, âgée de 80 ans, a prospecté sur place pendant plusieurs 3 mois pour essayer de le retrouver. En vain. Lundi 18 avril 2011, sa soeur, Frédérique Santal, a lancé un appel afin de «faire bouger les choses». Très émue, elle a expliqué ne pas savoir si son frère était toujours en vie, mais garder espoir... Elle a souhaité que cet enlèvement soit désormais médiatisé afin de faire pression sur le gouvernement mexicain. Elle a aussi émis des doutes sur la police locale mexicaine qui, selon elle, pourrait être impliquée dans cette affaire. Frédérique Santal a aussi expliqué que sa famille était quelque peu déçue par l'attitude des autorités suisses.

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Dans une série de questions au Conseil fédéral, Luc Barthassat a dénoncé, jeudi matin, l'attitude du gouvernement suisse et celui de la socialiste Micheline Calmy-Rey, en particulier. Il reproche au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) son comportement à la suite de la disparition d'Olivier Tschumi, un Jurassien bernois de 49 ans enlevé en décembre 2010 au Mexique.

L'élu démocrate-chrétien déplore le fait que le DFAE a mis plus de 3 mois pour communiquer à la famille d'Olivier Tschumi – qui «espérait quotidiennement l'intervention politique de la Suisse au Mexique» – que Micheline Calmy-Rey «n'intervenait jamais personnellement dans une affaire». Luc Barthassat s'interroge sur le fait que, avant de donner cette réponse et à chacun des déplacements à Berne de membres de la famille d'Olivier Tschumi, le DFAE leur avait répondu: «Nous vous certifions que Madame la Conseillère fédérale suit de très près le dossier»...

Des réponses dans 3 mois...

Dans sa série de questions, le politicien genevois demande des explications sur l'inaction de Micheline Calmy-Rey mais aussi sur le rôle de l'ambassadeur de la Suisse au Mexique et sur celui des trois agents de la police fédérale qui ont passé 10 jours au Mexique, sans résultat.

Cette intervention est «un grand soulagement» pour Frédérique Santal, la soeur d'Olivier Tschumi. Luttant au quotidien pour avoir des informations sur l'avancée de l'enquête, elle avait récemment menacé d'entamer une grève de la faim si rien ne bougeait au niveau des autorités. «L'intervention de Monsieur Barthassat nous donne le sentiment d'être enfin entendus quelque part! Cela nous donne l'espoir d'avoir enfin des réponses à nos questions. Les questions seront transmises à Micheline Calmy-rey qui dispose de 3 mois pour y répondre par écrit et de manière officielle. Cela peut aussi servir à d'autres familles qui pourraient être confrontées comme la nôtre à la disparition d'un des siens à l'étranger et comprendre ce qu'elles peuvent attendre du DFAE...» explique Frédérique Santal.

Cette dernière a ouvert un site de soutien sur FaceBook ainsi qu'un blog en espagnol pour retrouver son frère.

(gco)