Environnement

16 juillet 2019 10:27; Act: 16.07.2019 10:41 Print

La Suisse pas au top dans la lutte contre le plastique

La Suisse produit encore trop de déchets urbains. Les eaux des lacs sont aussi fortement polluées par le plastique.

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Le plastique représente 13% des déchets en Suisse. (Photo: Keystone/archive/photo d'illustration)

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La Suisse produit près de cent kilos de déchets en plastique par habitant et par an. Le recyclage n'en est qu'à ses débuts et les interdictions ne semblent pas à l'ordre du jour. Une alternative serait de proposer des produits de remplacement, des systèmes à usage multiple ou de nouveaux modèles de paiement.

«La Suisse est l'un des pays au monde comptant la plus grande quantité de déchets urbains. L'efficacité des systèmes de nettoyage, de tri et de collecte fait toutefois que ces montagnes de déchets ne sont guère visibles», explique le porte-parole de Greenpeace Yves Zenger. Les eaux helvétiques sont également fortement polluées par le plastique.

Plastique peu recyclé

Le plastique représente 13% des déchets en Suisse. Mais seuls 10% sont recyclés, selon les données de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Le reste, à savoir 90%, est brûlé dans des usines d'incinération ou des cimenteries. D'un point de vue écologique, aussi bien l'incinération que le recyclage présentent un bon bilan, souligne Rebekka Reichlin, porte-parole de l'OFEV.

Greenpeace et l'association «Zero Waste Switzerland» (Zéro Déchet Suisse) considèrent en revanche comme un gigantesque gaspillage de ressources l'incinération des déchets plastique. Le recyclage ne résout pas non plus le problème. La plupart des déchets plastiques sont trop hétérogènes pour pouvoir en tirer une matière de qualité équivalente. De plus, le recyclage dévore beaucoup d'énergie, explique Yves Zenger.

Les entreprises qui recourent à des emballages à usage unique émettent le mauvais signal et attisent le gaspillage, déplore Greenpeace. Elles devraient donc assumer une part de l'élimination des déchets, selon le principe de causalité.

Greenpeace salue expressément des initiatives comme le «centime propreté», actuellement discuté par la Ville de Berne: ceux qui produisent des déchets devraient aussi cofinancer leur élimination de l'espace public, un coût estimé par la Ville à 11 millions de francs par an. Dans le cas spécifique, les producteurs de déchets ne sont pas les consommateurs mais les grands distributeurs et les take-away.

Opprobre sur la paille jetable

La paille jetable pour boire est devenue le symbole par excellence du gaspillage de plastique. Au vu du problème des microplastiques dans l'environnement, plusieurs pays discutent de l'interdiction des pailles. La touillette pour le café et le coton-tige sont également dans le collimateur. Ce n'est sans doute pas par hasard qu'il s'agit là de produits auxquels les consommateurs peuvent renoncer sans trop d'efforts.

La précipitation de la Ville de Neuchâtel étonne tout de même. Elle est la première en Suisse à vouloir bannir les pailles en plastique de ses bistrots. La mise en pratique achoppe notamment sur des problèmes juridiques: il est illégal d'interdire un produit dans un canton s'il est permis dans d'autres.

Il est clair pour tout le monde que la proscription des pailles ne résoudra en rien les problèmes écologiques dus au plastique. L'OFEV observe avec raison qu'elles ne constituent qu'une part infime des déchets et du littering. Un point positif aux yeux de l'office est que la prise de conscience face au problème augmente.

L'OFEV ne vise aucune interdiction de produits. Des articles à usage unique pour lesquels il existe de bonnes alternatives – vaisselle, couverts ou cotons-tiges en plastique – doivent certes disparaître du marché, estime sa porte-parole Rebekka Reichlin. Mais il appartient aux commerçants d'agir.

Commerces et politique sollicités

À ce propos, la porte-parole renvoie à l'introduction réussie des sachets en plastique payants dans les supermarchés, à la consigne sur les gobelets en plastique ou aux restrictions de la vaisselle à usage unique lors de grands événements.

Il y a trois ans, Coop et Migros ont renoncé à la gratuité des sachets en plastique. Selon cette dernière, leur utilisation a baissé de 83% depuis. De plus, ils sont entre-temps composés à 100% de matériel recyclé.

Selon Zero Waste Switzerland, les grands distributeurs ont introduit la taxe d'eux-mêmes uniquement pour éviter une interdiction politique. Il reste donc urgent que les milieux politiques agissent et prennent des mesures.

Modifier les habitudes

Remplacer les produits en plastique à usage unique par d'autres articles jetables n'a pas de sens, estime la cofondatrice de Zero Waste Switzerland Natalie Bino. «Les articles à usage unique biodégradables dévorent beaucoup d'énergie, de chimie et de ressources. Il est davantage sensé de passer à des systèmes régionaux à usage multiple», souligne-t-elle.

Même avis chez Greenpeace: remplacer les pailles en plastique par celles en paille est un premier pas, mais il ne faut pas en rester là. Il est plus important d'investir dans des services alternatifs à usage multiple, comme faire remplir ses contenants et les réutiliser.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Nico le 16.07.2019 10:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un exemple parmi tant d'autres

    J'ai voulu acheté des courgettes bio suisse chez Coop l'autre jour. Chaque pièce était sous emballage plastique.... ne faut il pas commencer déjà par là?

  • Lili le 16.07.2019 11:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    S'attaquer aux grands distributeurs!!!

    Quand est-ce que ces p*** de grands distributeurs arrêteront de tout suremballer inutilement!?! La barquette sous cellophane + fourre en carton?! Les tomates cerises dans un mini seau plastique?! Les biscuits en emballage individuel ET rassemblés dans un emballage commun?! Les pots de yogourts avec un carton autour qu'il faut encore s'emmerder à enlever pour le recyclage?! Les poulets rôtis dans un énorme boîte plastique (M) qui en plus s'ouvre dans le sac?! Les produits Bio suremballés très logique aussi?! Le consommateur pourrait faire des efforts pour autant qu'on lui montre l'exemple!

  • suissencolére le 16.07.2019 11:25 Report dénoncer ce commentaire

    Apprendre a balayer chez soi

    Mais bon dieu arrêtez d aller toujours regarder ailleurs. Ouvrons les yeux sur notre pays qui deviens sale et triste, et bien sur que nous trouverons pire ailleurs, arrêtons de nous voilais la face. L'article est sur la Suisse non ?

Les derniers commentaires

  • Plasticman le 17.07.2019 03:17 Report dénoncer ce commentaire

    Mouais...

    Donc 10% de recyclage et ~90% d'incinération mais il ne sont pas toujours pas content. Il faudrait peut-être rappeler que les plastiques ont diminué le poids des emballages et véhicules ce qui a un effet positif sur l'énergie nécessaire au transport et à la logistique. On critique le sac plastique et le cellophane mais ces derniers limites le tonnage des emballages et par la même les métaux lourds qui leur sont associés. La seul chose qu'on pourrait améliorer, c'est faire des plastiques a partir d'un bioéthanol ou de méthane lié au recycle de déchet végétaux pour éviter l'usage de CO2 fossil.

  • Claudette le 16.07.2019 15:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Oui! On le sait bien!!

    La Suisse traîne beaucoup après d'autres pays (même plusieurs du deuxième et troisième monde) à propos le plastique! On ne fait pas assez de recyclage, vend trop de plastique d'utilisation unique et emploie beaucoup trop de plastique pour l'emballage. C'est bien étonnant pour un pays si avancé... C'est un grand malheur et honnêtement .... honteux! Et la vie continue....

  • tristesse le 16.07.2019 14:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    realisme

    lire les commentaire on comprends .. que c'est foutus !

  • sauvez votre Pays le 16.07.2019 13:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bonne idée

    Pour une nature propre : petit territoire la Suisse ,donc plus facile a nettoyer l'effort en vaut la chandelle surtout que le Suisse en principe est éduqué et joue le jeu au zones de redonnés plages , il devrait y avoir des poubelles et des sacs vides avec pince télescopique a emprunter en randonnée ou autre .. ainsi les vacanciers peuvent ramasser si en trouvent ,des déchets et unir le plaisir du plein air avec un geste citoyen responsable .. au retour on range la pince pour d'autres usagers et on jette le sac plein dans poubelle

    • ptit rapporteur le 16.07.2019 20:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @sauvez votre Pays

      oui, le suisse est éduqué, propre honnête. juste se rappeler de ce qu'était la suisse il ya quelques décennies. malheureusement, aujourd'hui, avec l'ouverture des frontières, bien des personnes dans ce pays n'ont pas notre éducation et notre respect. Cela se compte en million de personnes. le résultat est là

    • Joe le 17.07.2019 06:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @sauvez votre Pays

      La question n'est pas de nettoyer le gazon de la plage mais de mieux gérer le circuit du plastique du producteur au consommateur et ensuite ce que l'on en fait. Ce qui me choque c'est de voir que l'on vends des produits bio dans des barquettes super emballées, carton et plastique .

    • Dave le 17.07.2019 06:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @ptit rapporteur

      Les suisses sont propres et les autres non éduqués ? C'est déplacés et raciste ce que tu dis

  • Jean-Marc le 16.07.2019 13:42 Report dénoncer ce commentaire

    Bilan final?

    Si on brûle du plastique dans une usine d'incinération, quel est le bilan de pollution? Qu'émet-on dans l'air? Et que fait-on des cendres? Quelqu'un sait?