Pristina

28 décembre 2011 15:41; Act: 28.12.2011 16:59 Print

Manifestation devant l'ambassade

Une centaine de personnes ont manifesté mercredi devant l'ambassade de Suisse à Pristina. Elles protestaient contre l'extradition en Serbie d'un membre de l'UCK.

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La manifestation était organisée par l'association «Vatra», en coopération avec l'Organisation des Vétérans de guerre de l'Armée de libération de Presevo, Medvedja et Bujanovac (UCPMB), autre ancienne organisation kosovare.

Une centaine de personnes étaient présentes, a constaté sur place un journaliste de l'agence kosovare basée à Genève «Presheva Jonë». Selon cette agence, le Kosovar dont l'extradition est prévue par la Suisse était également membre de l'UCPMB. Elle précise aussi, citant une source présente sur place, que la manifestation a eu lieu dans le calme.

Une pétition s'opposant à cette extradition munie de près de 5200 signatures a été transmise mi-décembre au Département fédéral de justice et police (DFJP).


Demande lancée auparavant

Dans un arrêt daté du 29 novembre, le Tribunal pénal fédéral (TPF) a rejeté le recours contre son extradition de l'ancien membre de l'UCK arrêté en avril dernier à Vevey (VD).

Le TPF confirmait la décision de l'Office fédéral de la justice (OFJ).

Les juges ont rejeté l'objection de délit politique, «au motif qu'il n'existait pas de raison sérieuse de considérer que les poursuites engagées par les autorités serbes puissent être motivées par l'appartenance de l'extradable à un groupe social, sa race, sa confession ou sa nationalité».

La Serbie, qui accuse le suspect de crimes de guerre commis en 1999 contre la population civile serbe et contre des Albanais, avait elle adressé le 8 mars à Berne une demande formelle d'extradition. L'OFJ n'ayant pas la compétence de se prononcer sur l'aspect «délit politique», le TPF à Bellinzone devait prendre la décision définitive.


Recours au TF possible

Le prévenu peut encore recourir auprès du Tribunal fédéral (TF). La demande d'extradition identifie le prévenu comme ressortissant serbe, mais l'homme s'identifie comme kosovar. Selon l'OJF, sa nationalité ne joue toutefois aucun rôle dans la procédure, sauf s'il détenait le passeport à croix blanche, la Suisse n'extradant pas ses propres ressortissants.

En mai, le ministère de la Justice kosovar a envoyé une lettre aux autorités suisses pour demander de ne pas extrader leur ressortissant.

L'intéressé se déclare innocent, affirmant qu'il se trouvait en Macédoine au moment des faits qui lui sont reprochés.

(ats)