Affaire Kadhafi

13 juin 2010 20:12; Act: 14.06.2010 08:08 Print

Max Göldi est de retour en Suisse

C'est la fin d'un cauchemar pour Max Göldi. Il a atterri à l'aéroport de Zurich lundi matin vers 01h20 après avoir pu quitter Tripoli dimanche soir.

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A sa descente d'avion, Max Göldi était accompagné par Micheline Calmy-Rey avec qui il s'était envolé deux heures plus tôt de Tunis où il avait fait escale, arrivant de Tripoli à bord d'un vol de ligne. Le ministre espagnol des affaires étrangères Miguel Angel Moratinos était également présent à Zurich, a constaté un photographe de l'AFP.

Heureux de partir

Interrogé peu avant de quitter Tripoli par l'agence de presse italienne Ansa, Max Göldi s'était déclaré «heureux de partir» de Libye. Il a affirmé qu'il ne retournerait «plus jamais» au pays de Mouammar Kadhafi. Quant aux quatre mois passés en détention, «ça a été des mois très durs», a-t-il affirmé, sans autre commentaire.

Cheveux bien peignés, vêtu d'une chemise blanche et d'un élégant complet gris, l'homme d'affaires alémanique est apparu souriant et détendu. La première chose qu'il souhaite faire à son retour en Suisse sera d'»aller à la maison», a-t-il dit. «Je suis ici depuis 23 mois», a-t-il rappelé.

L'ex-otage suisse a rendu hommage à l'entreprise ABB, qui l'a «toujours soutenu». Et d'ajouter qu'il entend «recommencer à travailler» pour elle. Mais pas n'importe où: «Je ne pense pas que je reviendrai en Libye», a-t-il lancé.

Calmy-Rey et Kadhafi

Après l'annonce du départ de Tunis pour la Suisse, Mme Calmy-Rey a déclaré que «nous sommes soulagés et nous nous réjouissons avec Max Göldi et sa famille», selon un communiqué du DFAE. Elle a également remercié explicitement l'Espagne et l'Allemagne pour leur médiation dans cette affaire, une aide «qui va bien au delà de ce qu'on peut attendre même de pays amis».

Avant de le retrouver à Tunis, la conseillère fédérale avait déjà pu saluer Max Göldi à Tripoli, alors qu'il allait monter à bord du vol de ligne pour Tunis. Dans la capitale libyenne, elle a auparavant signé un accord qui doit permettre d'engager la «normalisation» des relations entre la Suisse et la Libye.

Mme Calmy-Rey a également rencontré le colonnel Mouammar Kadhafi dimanche en fin de journée. Le chef du gouvernement italien Silvio Bersluconi était présent.

Plan d'action

Le plan d'action signé dimanche stipule notamment la constitution d'un «tribunal d'arbitrage» pour enquêter sur les circonstances de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi, en juillet 2008 à Genève. Hannibal Kadhafi et sa femme étaient accusés de maltraitance par leurs deux domestiques.

Ce «tribunal d'arbitrage», qui aura lieu à Berlin, a déjà fait l'objet d'un accord entre Tripoli et Berne, mais les deux pays ne s'étaient pas entendus jusque-là sur son application.


Photos

Selon ce plan, la Suisse exprime par ailleurs ses «excuses» après la «publication illégale» des photos d'identité d'Hannibal Kadhafi au moment de son arrestation. Ces clichés avaient été publiés le 4 septembre 2009 dans la «Tribune de Genève». Berne s'engage à poursuivre en justice les responsables de cette fuite.

Les autorités libyennes ont affirmé dans la soirée qu'Hannibal avait reçu une indemnité de 1,5 million d'euros par le canton de Genève pour la publication de ces clichés. Les autorités genevoises ont refusé tout commentaire.


Retenu près de 700 jours

Max Göldi a été libéré jeudi après avoir purgé une peine de prison de quatre mois pour «séjour illégal». Au total, il a été retenu 695 jours en Libye. Employé d'ABB, il avait été arrêté le 19 juillet 2008 avec un autre Suisse, Rachid Hamdani, à la suite de l'arrestation d'Hannibal, quelques jours auparavant à Genève.

Après 53 jours de prison, les deux hommes avaient été libérés mais interdits de quitter le territoire libyen. Ils s'étaient alors réfugiés à l'ambassade de Suisse à Tripoli.

Rachid Hamdani, également citoyen tunisien, a pu quitter la Libye le 23 février dernier. Le même jour, Max Göldi a dû se rendre aux autorités libyennes afin de purger sa peine de prison.

Colère de l'UE

Cette affaire a plombé les relations entre la Suisse et la Libye. En réaction à la détention de ses deux ressortissants, considérés comme des «otages» par Berne, la Suisse avait décidé en 2009 de restreindre pour l'élite libyenne l'attribution de visas permettant d'accéder aux pays de l'espace Schengen - dont elle est membre associé -, impliquant ainsi l'UE dans le contentieux.

Tripoli avait répliqué en février en annonçant des restrictions de visas à l'encontre des ressortissants des pays de l'espace Schengen, provoquant la colère de plusieurs capitales européennes et finalement une médiation de Bruxelles.

(ats/ap/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Voltaire le 14.06.2010 12:48 Report dénoncer ce commentaire

    Cessez de critiquer à tort et à travers.

    C'est trop facile de critiquer nos autorités. Un état civilisé est désarmé lorsque qu'un état voyou exerce un chantage odieux au mépris de tous les usages internationaux. On a eu le même exemple avec le pays le plus puissant du monde. Les USA n'ont pas pu faire grand chose lors de la prise d'otage de leurs compatriotes par l'Iran.

  • nero... le 13.06.2010 18:51 Report dénoncer ce commentaire

    A 2 millimètres d'un accord !

    qu'elle disait...

  • ghost le 14.06.2010 00:36 Report dénoncer ce commentaire

    Réparation...

    Enfin,il va rentrer.Bienvenue à lui !Réparation pour le fils du dictateur ! Quid pour les otages suisses ? La Suisse devrait retirer son ambassade et ne plus autoriser les Suisses à commercer et à aller en Libye tant que ce dictateur et voyou est au pouvoir. S'ils passent outre, aux risques et périls, et pas d'aide pour les collabos d'un tel régime.

Les derniers commentaires

  • mrno le 17.06.2010 20:36 Report dénoncer ce commentaire

    ou l'on pourrait ...

    proposer à l'ONU le démantèlement de la Lybie. Ce ne serait que juste non? Mais voilà tout le monde baisse le slip devant ces gens à cause du pétrole et de sombres raisons !

  • Morgarten le 16.06.2010 17:25 Report dénoncer ce commentaire

    @Pat - Stop Libye

    D'accord avec vous. Ls Suisse doit couper toutes ses relations avec la libye, qu'elles soient politiques, économiques ou financières. La seule chose intelligente que MCR ait déclaré il y a plusieurs semaines : "La libye n'est pas un partenaire économique prioritaire". Mais elle est déjà trop vieille pour s'en souvenir. Dehors ces CF incompétents et coûteux !!!

  • 100% Suisse le 16.06.2010 16:26 Report dénoncer ce commentaire

    Lamentable Hamdani

    Il était bien content d'être Suisse quand nos autorités ont réussi à le faire libérer mais maintenant qu'il est à l'abri en Suisse il leur crache dessus. S'il préfère un pays où les dictateurs et leurs fils sont au dessus des lois, la Tunisie lui tend les bras.

  • kylab le 16.06.2010 15:08 Report dénoncer ce commentaire

    Justice rendu

    Tellement qu'on veut se defouler sur les étrangers, requerants d'asile, aujourd'hui on a eu notre vrai dose. La suisse doit apprendre à donner de valeurs aux etrangers

    • mongo le 16.06.2010 16:22 Report dénoncer ce commentaire

      jerry

      il faut cesser de tirer sur la Suisse et croire que tout est dû aux étrangers qui s'infiltrent sans travailler en croyant vivre aux crochets de la société à perpétuité. La Suise est un havre de paix pour ceux qui viennent et qui bossent, pas pour les pique-assiettes, voleurs et ingrats !

  • Pat le 16.06.2010 12:06 Report dénoncer ce commentaire

    J'espère bien contrairement à

    M.Calmy-Rey, que nous allons maintenant cesser toutes nos relations (fermeture de l'ambassade Suisse en Libye, Interdiction de séjour en Suisse pour Kadahfi et ses proches et les proches de son régime de sauvages, expulsion de l'ambassadeur de Libye en Suisse, etc.)Je ne veux pas que mon pays collabore d'une quelconque manière avec ces individus. On peut acheter notre pétrole en Algérie.

    • onapasfinidepayer le 16.06.2010 15:20 Report dénoncer ce commentaire

      faut pas rever. MCR et le CF vont tout

      faire pour passer l'éponge et reprendre des relations "amicales" avec le clan K car se sont les larbins des 60 entreprises suisses qui travaillent avec ou en Libye. Ces entreprises se sont mises ensemble pour réclamer des dizaines de millions (voir plus) de dédommagement devinez à qui? A LA SUISSE bien sûr car elle n'a pas su sauvegarder leurs intérêts financiers et économiques en Libye.

    • girl le 16.06.2010 16:19 Report dénoncer ce commentaire

      miss

      il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles, chacun est responsable de son entreprise, si les gens veulent faire des affaires à traves le monde, qu'ils assument les conséquences, mais ce n'est en tous les cas pas à la Confédération Suisse et forcément par ses résidents et contribuables que la facture doit être adressée