Suisse

06 juillet 2014 22:34; Act: 06.07.2014 22:38 Print

Médocs superflus qui coûtent des milliards

par Emmanuel Coissy - Des acteurs de la santé fustigent la mise sur le marché de produits n’apportant pas d’innovation significative par rapport à l’offre actuelle.

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En 2013, sur les 313 demandes d’introduction à la vente de nouveaux médicaments dits non innovants, 80% ont été approuvées par Swissmedic, selon son rapport d’activité. L’institut qui surveille le marché des produits thérapeutiques ajoute que sur les 215 requêtes d’enregistrement de traitements innovants, avec des changements substantiels, 86% ont reçu le feu vert. Des taux stables depuis 2010.

Cette situation, qui favorise la multiplication de références, agace Interpharma. L’association des entreprises pharmaceutiques pratiquant la recherche se sent flouée, relève la «SonntagsZeitung». Le business serait miné par la tendance de chaque fabricant à imiter un produit pour s’approprier une part du gâteau. Les Académies suisses des sciences estiment que cette surabondance induirait un gaspillage d’un milliard de francs par an. Une facture réglée par les assurances maladie et par les patients. Cet état de fait a d’ailleurs été critiqué par la Commission des médicaments, un organe consultatif du Département de l’intérieur composé de scientifiques.

Après l’aval de Swissmedic, l’Office fédéral de la santé publique entre en jeu. Comment l’administration, qui fixe aussi les tarifs, décide-t-elle le remboursement d’une «copie» par les caisses? «Il n’est pas nécessaire que le médicament soit innovant», dit-elle au vu de la loi. Cette dernière pourrait changer: la Commission de gestion du Conseil des Etats la juge trop floue.