Arc jurassien

16 janvier 2015 12:39; Act: 16.01.2015 15:02 Print

Menaces sur l'emploi et les entreprises

L'abandon du cours plancher suscite une vive inquiétude dans l'Arc jurassien, région dont le tissu économique est largement orienté vers l'exportation.

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Pour les acteurs industriels, la décision de la BNS pourrait se traduire par une perte de compétitivité et des délocalisations.

«Des effets concrets pourront se manifester dès demain», a expliqué vendredi le directeur de la Chambre d'économie publique du Jura bernois (CEP) Patrick Linder. Des transactions et des commandes pourraient être stoppées, a estimé le porte-parole de l'économie régionale.

Trouver des solutions

La Commission industrie de la CEP se réunira mardi pour décider d'éventuelles actions à entreprendre. L'idée de la création d'une task force régionale pourrait être évoquée à cette occasion. «Pour le moment, il faut garder la tête froide et ne pas céder à la panique», a ajouté M. Linder interrogé par l'ats.

Les temps s'annoncent difficiles. Les entreprises exportatrices connaîtront une pression accrue sur les prix. Elles devront peut-être concéder des rabais ou répartir l'impact de la politique monétaire sur leurs réseaux de fournisseurs en comprimant les coûts de production, relève la CEP.

«Tous les domaines d'application de la microtechnique sont concernés», a précisé Patrick Linder en citant la machine-outil, l'horlogerie, la fabrication des pièces détachées pour l'industrie aéronautique et automobile ainsi que le domaine médical. Les sous-traitants avec la plus faible marge sont les plus exposés à cette nouvelle politique monétaire.

Menace sur la compétitivité

Le coût élevé de produits facturés en francs suisses affectera directement la compétitivité des entreprises, notamment dans le cadre d'une concurrence issue de la zone euro. Des sociétés du Jura bernois et du Jura risqueront ainsi de perdre des parts de marché en raison de leur cherté artificielle.

Cette pression accrue sur les coûts de production pourrait se traduire par des délocalisations pour limiter l'exposition au franc suisse. Les transferts de production à l'étranger sont l'une des seules mesures à disposition des entreprises pour agir sur les effets de la force du franc. Un tel scénario menacerait la place industrielle régionale et nationale selon la CEP.

Inquiétude et incompréhension

Cette analyse est partagée par les industriels du Jura et du Jura bernois qui se sont exprimés vendredi dans la presse régionale. «Un tremblement de terre de magnitude 10 sur l'échelle de Richter», a estimé le directeur de Schaublin Machines à Bévilard (BE) Rolf Muster dans le «Quotidien jurassien».

Président d'EMP Ebauches Mécanique Précitrame SA à Tramelan (BE), Martial Voumard a qualifié dans le «Journal du Jura» la décision de la BNS de «catastrophique pour l'économie régionale». D'autres industriels fustigent la décision de la BNS, mais estiment qu'il est encore trop tôt pour en mesurer les conséquences.

(ats)