Mesures anti-tabac

21 février 2020 10:23; Act: 21.02.2020 10:47 Print

La Suisse fait partie des cancres européens

Notre pays figure au 35e et avant-dernier rang du classement européen en matière de prévention du tabagisme.

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La Suisse reçoit notamment la plus mauvaise note en matière de restriction de la publicité pour le tabac. (Photo: Keystone)

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En comparaison européenne, la Suisse fait partie des cancres en matière de prévention du tabagisme. Elle figure au 35e et avant-dernier rang du classement établi par l'Association des ligues européennes contre le cancer.

La Suisse reçoit notamment la plus mauvaise note en matière de restriction de la publicité pour le tabac. En 2016, le Parlement avait renvoyé au Conseil fédéral un premier projet de loi, principalement en raison des mesures d'interdiction prévues en matière de publicité. Il débat depuis d'une nouvelle mouture.

Mais il «s'obstine, dans de nombreux cas, à maintenir le statu quo ou ne préconise que des améliorations timides en matière de protection des enfants et des adolescents, qui sont déjà dépassées dans la plupart des pays européens», dénonce l'Association suisse pour la prévention du tabagisme (AT) dans un communiqué publié vendredi.

Par ailleurs, le Conseil fédéral a recommandé en décembre le rejet de l?initiative populaire «Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac». Il souhaite protéger les jeunes, mais estime que le texte va trop loin et ne veut pas de contre-projet.

L'exemple britannique

Au total, la Suisse, «patrie des multinationales du tabac», a obtenu 41 points sur les 100 possibles dans le classement européen «Tobacco Control Scale», contre 46 dans la dernière édition du classement en 2016. Elle a perdu 14 places. Le nombre de fumeurs s'est stabilisé à un niveau élevé depuis 2007, à 27% de la population helvétique. Un niveau qui monte à 32% chez les adolescents et les jeunes adultes.

A l'inverse, le Royaume-Uni, premier du classement, a vu la proportion de fumeurs adultes baisser de 5% depuis 2011, pour s'établir à 15% en 2018. En Irlande, troisième derrière la France, elle est passée de 23% à 17% entre 2015 et 2019.

L'AT salue diverses mesures prises en 2014 par l'Union européenne, et qui «vont bien au-delà des mesures prises en Suisse». Elle cite en exemple l'interdiction à partir du 20 mai de la vente de tabacs aromatisés - qui séduisent en particulier les jeunes - ou celle de substances favorisant l'inhalation (et donc la dépendance à la nicotine), entrée en vigueur en 2016.

L'association rappelle également que, ces trois dernières années, huit pays européens ont introduit des paquets de cigarettes à emballage neutres ou sont en train de mettre en oeuvre cette «mesure très efficace, que le lobby du tabac combat par tous les moyens».

«Le Far West»

L'AT déplore par ailleurs que le Conseil fédéral n'ait plus le pouvoir d'augmenter l'impôt sur le tabac. Le parlement a bloqué en 2013 ce mécanisme de protection, alors que des taxes élevées «sont le moyen le plus efficace de réduire la consommation» de tabac, en particulier chez les jeunes.

En Europe, en revanche, les Etats utilisent l'imposition comme un instrument de santé publique. La moitié des pays de l'UE prélèvent aujourd'hui un impôt de 75% ou plus sur un paquet de cigarettes. En France, un paquet de cigarettes coûtera en moyenne 10 euros à partir de novembre.

Quant au domaine des cigarettes électroniques, «c'est le Far West», dénonce l'AT. Il n'existe actuellement aucune base légale au plan national. Elle ne sera introduite qu'avec la loi sur les produits du tabac, éventuellement dans deux ou trois ans. Pour l'heure, seul le Valais et Bâle-Campagne ont fixé un âge minimum pour la vente de cigarettes électroniques.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Maximette le 21.02.2020 10:44 Report dénoncer ce commentaire

    Il faut choisir

    Faire de la Prévention ou garder Philippe Morris, ses places d'emplois et leurs impôts en Suisse........les deux ne s'accorde que difficilement.

  • Al_boom le 21.02.2020 10:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Voilà

    Tant que Philip Morris, British Tobacco et les autres seront installés ici, ça ne va pas s'améliorer. On a pri la décision d'accepter leur argent, alors il faut accepter de les laisser faire au dépend de la santé publique

  • Aziz Zürlökü le 21.02.2020 10:36 Report dénoncer ce commentaire

    Logique,

    il faut protéger nos fabricants de clopes, pas les citoyens.

Les derniers commentaires

  • loge hique le 24.02.2020 15:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    arrêter de fumer

    vous savez comment il faut faire pour arrêter de fumer ? c'est simple, il suffit d'arrêter ! et voilà...

  • Ouèsava le 23.02.2020 08:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Étrange...

    J'ai souvenir des publicités M...o, au cinéma, lorsque le cowboy allumait sa clope et tirait sa première bouffée, le bruit de grésillement humide était un véritable appel à sortir son paquet (d'une autre marque ! ) et d'en griller une... Il y a bien longtemps que j'ai arrêté de fumer, mais aucune action de l'Etat ne m'y a aidé ni incité. Peut-être que la présence massive des cigarettiers mondiaux est pour quelque chose dans cette discrétion étatique ? Accessoirement, les cowboys des pubs sont bien morts... du cancer.

  • Nick le 21.02.2020 19:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    honteux

    Le conseil fédéral ne remplit effectivement pas sa mission de protection envers la population. Sous prétexte d'entrées fiscales pour l'AVS, il cautionne les coûts beaucoup plus élevés occasionnés aux contribuables, en terme de santé. Cette politique est une honte, vis à vis de ce qui se passe ailleurs en Europe

    • Vhik le 22.02.2020 07:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Nick

      et il se passe quoi en Europe ?

  • stop le 21.02.2020 19:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    PAs un bon calcul

    Il faut arrêter avec le soi-disant apport de l'impôt sur le tabac. Si la vente de ce poison qui tue plus de neuf mille personnes par an en Suisse rapporte quelque 2 milliards, il nous coûte quelque 5 milliards en terme de coûts pour la santé... Et l'on ne parle pas des coûts du littering occasionnés par les mégots, ni de l'insidieuse pollution de nos eaux que ces derniers occasionnent et dont personne ne parle. Le tabac est à la base du plus gros génocide que l'humanité ait connu et cela n'est malheureusement pas prêt de s'arrêter....

    • audit le 22.02.2020 12:13 Report dénoncer ce commentaire

      @stop

      tes chiffres sont tout faux, la cigarette rapporte plus de 8 milliards à la Suisse en tenant compte des bénéfices et retombées indirectres aux sous traitants et de plus par l'argent qui est re-injecté par les bénéficiaires mais les frais de santé sont estimés à 2.7 milliards pour les soins liés au tabac.

  • Stop le 21.02.2020 19:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas un bon calcul

    Il faut arrêter avec le soi-disant apport de l'impôt sur le tabac. Si la vente de ce poison qui tue plus de neuf mille personnes par an en Suisse rapporte quelque 2 milliards, il nous coûte quelque 5 milliards en terme de coûts pour la santé... Et l'on ne parle pas des coûts du littering occasionnés par les mégots, ni de l'insidieuse pollution de nos eaux que ces derniers occasionnent et dont personne ne parle. Le tabac est à la base du plus gros génocide que l'humanité ait connu et cela n'est malheureusement pas prêt de s'arrêter....