Bâle-Campagne

07 juin 2016 13:13; Act: 07.06.2016 14:29 Print

Naturalisation refusée car trop souvent en training

Une famille kosovare s'est vu refuser le passeport rouge à croix blanche à Bubendolf (BL). Un des motifs: ils se promènent en ville en training et pas en jeans.

storybild

La famille Halili lors de son arrivée en Suisse en 2005. (Photo: DR)

Sur ce sujet
Une faute?

Madame Halili avait tout préparé pour fêter la naturalisation de la famille, le 18 mai dernier à Bubendorf (BL). Elle avait déjà confectionné des gâteaux avec une couverture rouge et une croix blanche. La pâtisserie a eu un goût amer. L'assemblée des citoyens a refusé leur naturalisation, relate le «Basellandschaftliche Zeitung.»

Sondage
Que pensez-vous des arguments de l'assemblée bourgeoisiale pour refuser la naturalisation?
19 %
55 %
26 %
13183 participants

Une famille appréciée

Tout aurait dû passer comme une lettre à la poste. La famille Halili a vécu dix ans dans la commune et a réussi les tests de connaissance des coutumes suisses et de la géographie helvétique. De plus, la famille (papa, maman et deux enfants) avait déclenché un élan de solidarité sans précédent lorsque, en 2005, elle avait failli être renvoyée au Kosovo. La paroisse lui avait même offert un refuge. Si bien qu'en 2006, Berne a cédé et lui a accordé l'asile. Le père travaille comme aide de cuisine et la mère fait des ménages. Un des fils est apprenti mécano et fait du foot.

Ils ne saluent pas systématiquement

Lors de l'assemblée qui a décidé du sort des Halili, certains parmi la soixantaine de citoyens présents ont voté non. «Ils les ont accusés de ne pas se comporter comme des Suisses», confie Roger Frey, président du conseil bourgeoisial. Un des reproches avancé a été le fait qu'ils se promènent souvent en ville en training et pas en jeans.

De plus, lorsqu'ils croisent des citoyens, ils ne les saluent pas systématiquement. Enfin, lorsqu'ils ont été interrogés, «ils ont été peu loquaces» poursuit Roger Frey. Cette attitude a été interprétée comme de la timidité ou alors comme un manque de connaissance de l'allemand. Le président de la bourgeoisie résume ainsi l'affaire: «Les arguments contre cette naturalisation ont été purement émotionnels.»

Contactée par le «Basellandschaftliche Zeitung», la famille n'a pas voulu commenter le refus de naturalisation, ni indiquer si elle pensait faire recours.

(jbm)