Suisse

07 février 2019 08:31; Act: 07.02.2019 10:51 Print

Mourir à la maison, pas toujours évident

«La fin de vie en Suisse. Perspectives individuelles et sociales» paraît un an après la clôture du Programme national de recherche «Fin de vie» (PNR 67).

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L'ouvrage en question. (Photo: Fonds national suisse)

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En Suisse, la plupart des gens ne meurent pas là où ils le souhaiteraient. C'est le constat des auteurs, Markus Zimmermann (théologien, Université de Fribourg), Stefan Felder (économiste, Université de Bâle), Ursula Streckeisen (sociologue, HEP Berne) et Brigitte Tag (juriste, Université de Zurich) qui ont fait partie du comité de direction du PNR 67 entre 2012 et 2018, a indiqué jeudi le Fonds national suisse (FNS) dans un communiqué.

Le comité de direction a publié il y a un an une synthèse des résultats des 33 projets de recherche du programme. Le nouvel ouvrage va plus loin en prenant en considération systématiquement ces résultats, mais aussi les ouvrages parus à l'échelle internationale.

Il approfondit notamment certaines connaissances telles que le déroulement des décès, les décisions à prendre en fin de vie, les soins prodigués, ainsi que des aspects économiques et juridiques, notamment.

Structures et processus

Le PNR 67 a montré que quatre cinquièmes des personnes vivant en Suisse meurent à l'hôpital et en maison de retraite; de plus, les femmes y sont nettement plus nombreuses que les hommes. Or les besoins de ces personnes ne sont pas toujours pris en compte, selon les chercheurs.

De nombreux hôpitaux ne sont actuellement pas équipés pour accompagner des mourants ou s'en occuper de manière appropriée. En outre, les maisons de retraite se considèrent souvent comme des lieux de vie.

«Ces institutions doivent davantage intégrer le contexte de la fin de vie. Il est nécessaire d'adapter l'attitude de base à l'égard de la mort ainsi que les structures et processus y afférents», explique Markus Zimmermann, cité dans le communiqué.

Renforcer les soins palliatifs

Mourir à la maison, ce que souhaitent de nombreuses personnes, n'est pas toujours la meilleure des solutions, car les proches finissent souvent exténués. Les spécialistes des soins devraient mener une discussion ouverte et au moment propice avec les mourants et leurs proches, mais cela n'a pas toujours lieu.

Les soins palliatifs ont le potentiel d'améliorer nettement cette situation. Pour Markus Zimmermann, «il faudrait abandonner la répartition des patients entre les soins curatifs et palliatifs pratiquée au quotidien: des soins palliatifs mis en place à temps devraient aller de soi dans les soins et l'accompagnement prodigués pendant la dernière phase de la vie».

(nxp/ats)