Offre en Suisse

22 février 2011 13:17; Act: 22.02.2011 13:32 Print

Pas de pénurie de pétrole en vue

La Suisse ne craint pas des problèmes d'approvisionnement en or noir suite aux troubles en Libye.

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Depuis la crise des otages avec Tripoli, les importations de pétrole proviennent principalement d'Azerbaïdjan et du Kazakhstan.

«Nous ne sommes pas dépendants de la Libye», a indiqué mardi à l'ATS Philippe Cordonier, porte-parole de l'Union pétrolière. Seul environ 10% du pétrole brut qui alimente les deux raffineries suisses de Cressier (NE) et Collombey (VS), provient de Libye.

La raffinerie de Collombey, propriété du groupe Tamoil en mains de Tripoli, ne raffine du reste même plus de pétrole libyen depuis plusieurs mois suite à l'embargo décidé par le colonel Kadhafi. Malgré ces menaces à répétition, la Libye n'a en revanche jamais totalement suspendu ses livraisons de pétrole brut à la Suisse.

Le pétrole brut ne représente qu'un tiers des importations suisses. Le solde provient d'or noir déjà raffiné. «Nous sommes très flexibles au marché», ajoute Philippe Cordonier. La Suisse ne peut toutefois échapper à la hausse des cours.

Les importations de pétrole brut libyen sont encore loin du niveau d'avant la crise diplomatique entre Berne et Tripoli. En 2008, la part de la Libye représentait 75% des importations helvétiques, soit un montant de 3,3 milliards de francs. L'an dernier, les importations en provenance de Libye, constituées presque exclusivement de pétrole, se chiffraient seulement à 485 millions.

Avec environ 6 millions d'habitants, la Libye demeure un partenaire commercial mineur pour la Suisse. Les exportations vers Tripoli ont diminué l'an dernier de 30% à 110 millions de francs, constituant une part infime des exportations totales helvétiques.

Ports coupés du monde

Les communications avec les ports pétroliers libyens étaient coupées mardi en raison de la situation en cours dans le pays, ont déclaré des opérateurs du transport maritime à Londres.

La crise libyenne a aussi provoqué une flambée des cours du pétrole brut.

«Il est impossible d'établir le moindre contact physique ou verbal avec les ports libyens», a déclaré le négociant d'une entreprise qui achète du pétrole libyen.

«Nous supposons que les ports sont fermés ou en cours de fermeture. Tout est en panne. Nous ne pouvons joindre personne. Le contact est impossible avec les employés du transport maritime, les autorités portuaires, personne. Toutes les lignes sont coupées», a-t- il ajouté.

Avec 1,6 million de barils produits par jour, la Libye, membre de l'Opep, est le troisième producteur pétrolier d'Afrique derrière le Nigeria et l'Angola.

(ats)