Bâle

24 juillet 2018 17:56; Act: 24.07.2018 17:56 Print

Pas payée et mise à la porte après 2 jours d'essai

Une vendeuse au chômage n'a pas été rémunérée pour le travail à l'essai accompli dans une boutique bâloise et a même été interdite de magasin par la patronne.

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U.N. exige d'être rémunérée pour les deux journée de travail à l'essai qu'elle a effectuées. (Photo: 20 Minuten)

Une faute?

U.N.* pensait enfin avoir trouvé un travail. La gestionnaire du commerce de détail de 53 ans était donc plus que motivée et appliquée lors des deux journées d'essai, réalisées début juillet dans un magasin d'habits de Bâle.

Contactée mardi par «20 Minuten», elle se souvient: «Après le premier jour, ils étaient très satisfaits de mon travail.» Or le lendemain, la situation avait totalement changé. «Ils m'ont dit qu'une autre personne allait venir travailler à l'essai et qu'ils allaient m'appeler. Mais finalement, j'ai reçu une réponse négative par SMS.»

«J'ai vraiment pensé qu'on allait m'engager»

Afin de comprendre ce qui avait mal tourné et se faire payer pour les deux jours de travail, U.N. s'est une nouvelle fois rendue au magasin. Or la patronne a refusé de lui parler et a même fait venir la police. Contactées, les forces de l'ordre confirment l'intervention. Quelques jours plus tard, la quinquagénaire a reçu une lettre recommandée, l'informant qu'elle était interdite de boutique.

U.N. n'en revient toujours pas de la manière dont on l'a traitée. «J'ai vraiment pensé qu'on allait m'engager après les deux journées. Une chose est sûre: je refuse de travailler gratuitement.» Les chemins des deux femmes se recroiseront bientôt devant un tribunal. Les tentatives de nos confrères pour parler avec la patronne de la boutique sont restées vaines.

«Tout travail doit être rémunéré»

Michael Mauerhof, directeur de l'Office bâlois de l'économie et du travail, explique être confronté tous les deux à trois mois à une personne n'ayant pas été rémunérée pour un travail à l'essai. Selon lui, il ne s'agit probablement que de la pointe visible de l'iceberg. Cependant, note-t-il, la situation légale est claire à ce niveau-là: «Tout travail doit être rémunéré. C'est ce qui est écrit dans le Code des obligations.» Son service renvoie les personnes comme U.N. au tribunal civil afin qu'elles puissent faire valoir leurs droits.

Contactée à son tour, Leena Schmitter, d'Unia, précise: «Il faut faire la différence entre travail à l'essai et journée «découverte». Lors de celle-ci, les personnes se rendent sur le lieu de travail afin de voir comment l'entreprise fonctionne. Mais elles ne travaillent pas. Or pendant les journées d'essai, les personnes travaillent et ce travail doit être rémunéré.»

Eliminer toute ambiguïté

Leena Schmitter conseille de parler de la rémunération avant de commencer les journées d'essai. Car selon la loi, précise-t-elle, un contrat de travail est valable même lorsqu'il a été défini par oral. Parler permet donc d'éliminer toute ambiguïté.

* Nom connu de la rédaction

(las/ofu)

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Les commentaires les plus populaires

  • Alain le 24.07.2018 18:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est quel magasin ?

    Les lecteurs souhaitent avoir le nom de ce magasin de Bâle, afin de le boycotter.

  • Mamm le 24.07.2018 18:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Profiteurs

    C est un scandale. Il faut divulguer le nom de cette boutique pour leur faire de la pub.....

  • gabscab le 24.07.2018 18:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C est quoi le nom de la boutique ?

    le pire c est que pour certains cela est normal

Les derniers commentaires

  • Slimane Ramissa le 25.07.2018 22:54 Report dénoncer ce commentaire

    Affaire similaire

    C est assez à la mode de prendre des gens à l essai plusieurs jours sans les remunerer.. La semaine D après les employeurs font la même chose à D autres.. Du travail à l oeil.

  • sOLIDAIRE le 25.07.2018 15:40 Report dénoncer ce commentaire

    oUH C'est Lache

    Primo la gestionnaire de commerce aurait pu avoir la politesse de lui consacrer un entretien pour lui expliquer face à face , ce volte face! traiter les gens comme de la merde c'est inacceptable dans une société soi disant évoluée et démocratique...

  • Eyes wide shut le 25.07.2018 13:20 Report dénoncer ce commentaire

    Esclavagisme moderne

    ok pour qu'elle soit payée, mais bon, on veut des iPhones pas trop chers faits par des petites mains payées au lance pierre, des habits à moins de 10.- chez H&M faits par des enfants au bengladesh, des fruits et légumes à la Coop produits avec le sang des territoires occupés ... On veut du bon marché ? alors on accepte que les magasins réduisent les frais et on ferme les yeux sur notre propre honte... on peut pas avoir le beurre ......

  • Cricri le 25.07.2018 12:24 Report dénoncer ce commentaire

    Assurée ?

    Qu'en est-il des assurances si cette dame avait eu un accident ? Qui pour répondre ?

  • Kalya le 25.07.2018 11:51 Report dénoncer ce commentaire

    Tout n'est pas noir ou blanc...

    Attention, nous n'avons pas les tenants et les aboutissants... Il semble quand-même que lorsqu'on fait appel aux forces de l'ordre, c'est que nous n'avons pas à faire à quelqu'un de très calme et modéré en face... Attendons avant de tirer des conclusions hâtives et de parler de boycott...