Suisse

09 décembre 2017 08:43; Act: 09.12.2017 09:48 Print

Payer 475'000 fr. pour un cancer est «justifié»

Le président de Novartis revient sur le coût d'un nouveau traitement contre le cancer.

storybild

Selon Jörg Reinhardt, les médicaments ne sont pas responsables de l'augmentation exceptionnelle des frais de la santé en Suisse. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Le président de Novartis Jörg Reinhardt défend le coût du nouveau médicament contre la leucémie Kymriah qui s'élève à 475'000 francs. Une seule prise suffit, contrairement aux thérapies standard coûtant annuellement 100'000 francs, fait-il valoir.

Kymriah n'est pas seulement un comprimé, mais un processus complexe, explique Jörg Reinhardt lors d'un entretien avec le Blick publié samedi. Des cellules du patient sont prélevées, modifiées génétiquement à l'extérieur du corps puis réintégrées à l'organisme. Une procédure de longue haleine et coûteuse, ajoute-t-il. Mais les coûts sont comptabilisés uniquement si la thérapie réussit.

Des montants maximaux

A la question de savoir quels frais médicaux sont encore raisonnables pour les collectivités, Jörg Reinhardt répond que cela dépendra toujours de ce que le service public est prêt à payer. Mais les pays ne vont pas pouvoir éviter de formuler des montants maximaux, complète le président du conseil d'administration.

La Grande-Bretagne a ainsi statué que les coûts pour une année ne devaient pas s'élever à plus de 50'000 francs, illustre-t-il. Et de souligner parallèlement qu'aux Etats-Unis, le principe de solidarité est moins présent qu'en Europe.

Augmentation exceptionnelle

Selon le défenseur de la pharma, les médicaments ne sont pas responsables de l'augmentation exceptionnelle des frais de la santé en Suisse, car ils ne suivent pas la même hausse. Cette croissance sera interrompue lorsqu'on cessera de cibler les 10% de ces coûts liés aux médicaments, et qu'on s'attaquera par exemple aux «diagnostics inutiles, surtraitements ou recours aux appareils techniques».

Novartis estime à environ 600 par année le nombre de patients qui pourraient être candidats à la thérapie Kymriah. L'été dernier, la firme bâloise a déjà obtenu l'autorisation des autorités sanitaires américaines pour son nouveau traitement. La thérapie cellulaire Kymriah est utilisée auprès des enfants et jeunes adultes dans le traitement de la leucémie aiguë lymphoblastique de type B.

(nxp/ats)