Soleure

11 janvier 2018 13:08; Act: 11.01.2018 21:22 Print

Pédophile dédommagé et acquitté malgré ses aveux

Un Soleurois, ayant payé pour regarder en direct des vidéos mettant en scène des enfants, se retrouve en liberté à cause d'une erreur judiciaire.

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H. aime chater avec des ados pour les inciter à des actes d'ordre sexuel devant la webcam. Il aime aussi visionner de la pornographie infantile. Pour finir, il aime débourser de l'argent afin de visionner en direct des shows sexuels mettant en scène des mineurs. Mais malgré avoir passé aux aveux, un tribunal n'a récemment pas eu d'autre choix que d'acquitter le Soleurois, rapporte «Blick», revenant sur un article de la «Solothurner Zeitung»

Démasqué par ses paiements en ligne

Tout commence en 2010 avec une première condamnation pour consommation de pornographie dite «dure», mettant en scène des actes sexuel violents ou impliquant des enfants ou des animaux. En 2012, H. récidive en chattant avec des adolescentes de Londres. Il se déshabille devant sa webcam et se masturbe sous les yeux des mineures avant de les forcer à faire de même. En 2013, le quadragénaire, domicilé dans le canton de Soleure, va encore plus loin. Toujours via internet, il entre en contact avec des personnes proposant contre rénumération des shows sexuel en direct mettant en scène leurs propres enfants. H. débourse entre 10 et 30 dollars par show. Cela lui permet non seulement d'assister aux scènes filmées en direct, mais également de donner des instructions via un chat. Le Soleurois a finalement été démasqué par Interpol et la Fedpol parce qu'il a effectué tous ses paiements via Paypal.

Pas d'avocat lors des interrogatoires

Le quadragénaire a comparu lundi devant la justice soleuroise pour actes d'ordre sexuel avec des enfants et actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance. Le Ministère public a demandé une peine de prison de 4 ans. L'avocat de la défense, lui, a requis l'acquittement de son client estimant que les preuves et ses aveux ne sont pas valables.

H. n'a en effet pas eu droit à un avocat lors du premier et du deuxième interrogatoire. Pourtant, le code de procédure pénale l'exige lorsque le suspect risque une peine de prison de plus d'un an. Conséquence: les aveux du quadragénaire ainsi que les preuves ne peuvent pas être admis lors de son procès.

«Pas d'accord avec le jugement»

Le Ministère public a tenté en vain d'expliquer qu'au début de l'enquête l'ampleur de l'affaire n'était pas encore connue. Raison pour laquelle personne ne pouvait savoir que le prévenu risquait plus d'un an de prison. Pour finir, la justice soleuroise n'a pas eu d'autre choix que d'acquitter H. Celui-ci s'est même vu accorder un dédommagement de 25'000 francs.

Contactée par «Blick», la porte-parole du Ministère public soleurois, Cony Zubler, explique: «Nous ne sommes pas d'accord avec ce jugement et allons probablement porter l'affaire devant le tribunal cantonal.»

(ofu)