Grand Prix Schiller

17 mai 2012 17:52; Act: 17.05.2012 19:58 Print

Peter Bichsel et Giovanni Orelli lauréats

Les écrivains soleurois Peter Bichsel et tessinois Giovanni Orelli ont reçu le Grand Prix Schiller à Soleure jeudi, la veille de l'ouverture des 34e Journées littéraires.

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Peter Bichsel, 77 ans, est l'un des écrivains alémaniques les plus populaires. (Photo: Keystone)

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Les écrivains soleurois Peter Bichsel et tessinois Giovanni Orelli, connus pour leur engagement politique, ont reçu le Grand Prix Schiller jeudi à Soleure. Ils sont les derniers lauréats de ces récompenses, remplacées dès l'an prochain par les prix littéraires fédéraux.

Lors de la cérémonie organisée la veille de l'ouverture des 34e Journées littéraires, Dominik Müller, président de la Fondation Schiller s'est réjoui que ces deux candidats idéaux aient enfin rejoint le club restreint des lauréats des Grand Prix Schiller. Durant ses 107 années d'existence, la fondation n'en a en effet attribué que vingt.

En recevant sa distinction devant un parterre de 400 invités, Peter Bichsel a confié qu'il n'appréciait pas tellement les concours et les prix. Lorsque la littérature se rapproche des Jeux Olympiques, cela le met mal à l'aise.

Attaqué par la Lega

L'auteur de 77 ans est l'un des écrivains alémaniques les plus populaires. L'oeuvre de ce maître de la nouvelle compte à peine 10 ouvrages, mais elle a été distinguée par près de 20 prix nationaux et internationaux. Ses livres principaux, comme «Le laitier», «Histoires enfantines» ou «Les saisons» ont été traduits en français.

Peter Bichsel est né le 24 mars 1935 à Lucerne, mais a grandi à Soleure, un canton auquel il est resté attaché jusqu'à aujourd'hui. Ancien enseignant, l'écrivain est également connu pour son engagement politique. De 1974 à 1981, il a écrit les discours du conseiller fédéral socialiste Willy Ritschard.

Le romancier et poète Giovanni Orelli, qui écrit en italien et en dialecte tessinois, a quant à lui été député socialiste au Parlement cantonal durant une législature dans les années 90. Dans plusieurs romans, l'auteur de 83 ans dénonce avec ironie le jeu du pouvoir et de l'argent en Suisse.

Il a récemment fait l'objet d'attaques de la part de la Lega. Dans le «Mattino della Domenica», l'hebdomadaire du parti populiste, le politicien Boris Bignasca a souhaité sa mort, sous forme satirique selon lui. Le Conseil d'Etat a officiellement condamné cette attaque. Quelques jours après ce commentaire controversé, le fils du président du parti Giuliano Bignasca a quitté début mai la Lega.

Nouveau jury nommé

Les deux lauréats du Grand Prix 2012 reçoivent 30'000 francs chacun. D'autres auteurs ont également été récompensés.

Le Vaudois Nicolas Verdan a reçu le Prix Schiller, doté de 10'000 francs, pour son roman «Le patient du docteur Hirschfeld». Le poète bâlois Felix Philipp Ingold a obtenu la même distinction. Les prix d'encouragement de 5000 francs ont été attribués au Tessinois Pietro Montorfani, 31 ans, et au Zurichois Jens Steiner, âgé de 37 ans.

Les Prix Schiller ont été remis pour la dernière fois cette année. La Fondation Schiller disparaîtra.

Son président Dominik Müller, également professeur de littérature allemande à l'Université de Genève, présidera le jury de neuf membres, désignés par le Département fédéral de l'intérieur, qui décernera les prix fédéraux de littérature. D'ici la fin de l'année, ce jury sélectionnera les nominés aux prix, qui seront mieux dotés. La cérémonie de remise des nouvelles récompenses aura toujours lieu la veille des Journées littéraires de Soleure.

(ats)