Ueli Maurer à la tête de l'armée

14 décembre 2008 07:58; Act: 14.12.2008 10:14 Print

Peu de marge de manoevre pour Maurer

Son prédécesseur Samuel Schmid s'est engagé, peu avant son départ, à résoudre les problèmes de la troupe selon les méthodes qu'il a proposées au Parlement.

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Un rapport rendu par le Département fédéral de la défense (DDPS) à la commission de la politique de sécurité (CPS) du Conseil national en fixe la manière et le délai. But de l'opération: corriger les failles dans la logistique et l'instruction.

D'après ce document interne, évoqué par la «Basler Zeitung» et dont l'ATS détient une copie, la Confédération doit investir 150 millions de francs supplémentaires ces prochaines années dans le fonctionnement de l'armée au lieu de les injecter dans l'armement. Et dès 2011, certaines prestations seront confiées à des privés.

Le DDPS entend en outre faire des investissements à hauteur de 250 millions de francs dans l'amélioration de son infrastructure pour lui permettre d'économiser de l'argent à plus long terme. L'armée promet par ailleurs de restreindre l'utilisation de certaines armes et de munitions de gros calibre.

Le rapport prévoit aussi des modifications importantes dans l'instruction des cadres de milice et dans l'organisation et la structure des états-majors. En tout, le DDPS a présenté à la commission 33 mesures et un calendrier pour leur application. Ces propositions ne comportent toutefois aucune contrainte légale, souligne le porte-parole du département Martin Bühler.

Délai contraignant

Le président de la CPS Bruno Zuppiger (UDC/ZH) veut cependant que le futur chef du DDPS s'exécute et mette en pratique les mesures annoncées. «Je ne pars pas de l'idée qu'Ueli Maurer fera marche arrière», déclare à l'ATS le collègue de parti du conseiller fédéral élu. Selon lui, le ministre UDC accroîtra au contraire la pression afin de résoudre les problèmes au sein de l'armée.

Pour Bruno Zuppiger, la valeur du rapport du DDPS réside surtout dans la contrainte du délai d'application. Celle-ci permet à la commission de mieux exercer son mandat de contrôle. Ueli Maurer devra expliquer lors de la prochaine séance de la CPS quelle suite il entend donner au document rédigé sous la direction de son prédécesseur.

Analyse sans concession

Le rapport du DDPS complète une analyse demandée au département par la commission sur la mise en application de la réforme Armée XXI. Le texte confirme en partie ce qu'Ueli Maurer avait affirmé avant son élection au gouvernement: l'armée n'est pas prête à intervenir.

Sans concession, le document dépeint une logistique en piteux état: sa base a été démembrée sans que la demande en prestations n'ait diminué. Conséquence, l'armée a enregistré des surcoûts au lieu de faire des économies.

Au lieu de remplir leur mission centrale, les troupes doivent en outre reprendre celle de la base logistique. Jusqu'en octobre dernier, les militaires ont effectué près de 15 000 jours de service en évacuant des déchets, ainsi que dans l'entretien de places d'armes ou de stands de tir.

Le missile antichar «DRAGON» a en outre été envoyé à la casse en raison de son entretien trop onéreux. L'utilisation de carburants et de munition a par ailleurs été réduite sans que le mandat de l'armée n'ait changé.

Equipement manquant

«Il n'est plus possible d'équiper toutes les formations de l'armée en matériel et systèmes d'armes», souligne le rapport. En d'autres termes: en cas de guerre, certaines troupes seraient dénuées d'armes et d'équipement.

Mais la pénurie concerne aussi les officiers de milice. Ces derniers ne sont pas assez nombreux, même pour des prestations de service planifiables. La troupe dépasse d'environ 50 % la taille requise: sans compter les recrues, le nombre de militaires actifs est de 201 000, au lieu des 130 000 évoqués dans le rapport.

(ats)