Suisse

13 mai 2019 16:39; Act: 13.05.2019 20:11 Print

Placements forcés: 103 tombes excavées

Une étude grisonne démontre que c'est un problème de santé, comme des déformations de naissance, qui a conduit à certains placements forcés.

Voir le diaporama en grand »

Le centre de correction cantonal, Realta, à Cazis, dans les Grisons.

Sur ce sujet
Une faute?

Une étude grisonne jette une lumière nouvelle sur les placements forcés. Des personnes ont fait l'objet de mesures de coercition uniquement parce qu'elles appartenaient aux classes défavorisées ou souffraient de problèmes de santé.

Les chercheurs ont analysé des squelettes de personnes internées dès 1854 dans le centre de correction cantonal Realta à Cazis (GR) et enterrées sur place, ont communiqué lundi l'Office cantonal de la culture et le Service d'archéologie. Des individus s'écartant de la norme, considérés comme «débauchés», «réfractaires au travail» ou «fous» y étaient envoyés.

Au total, 103 tombes datant du 19e et du 20e siècles ont été excavées, dans le cadre de la construction d'un nouveau bâtiment pénitentiaire. Les squelettes ont révélé que des handicaps d'origine traumatique, la syphilis congénitale ou le syndrome de Stickler, une maladie génétique du tissu conjonctif, pouvaient conduire à un placement forcé.

Tuberculose et côtes cassées

Les scientifiques ont également pu établir que l'internement avait pour conséquence une détérioration de l'état de santé. Une hausse marquante des cas de tuberculose a été constatée, en lien avec les conditions de vie dans le centre. En outre, un nombre «extrêmement» élevé de côtes cassées a été découvert, laissant supposer des mauvais traitements.

Selon une précédente étude datant de mai 2017, 1500 personnes ont été placées abusivement dans le centre Realta. Les trois quarts étaient des hommes. Au total, plusieurs milliers de personnes auraient été internées de force dans le canton. Un monument à leur mémoire a été inauguré en novembre dernier au-dessus de Coire.

Travail de clarification

Les internements et mises sous tutelle abusives, qui ont duré jusqu'au début des années 1980, font l'objet d'un travail de clarification depuis quelques années, aussi bien dans les cantons qu'au niveau de la Confédération. Le nombre de victimes dans toute la Suisse est estimé entre 50'000 et 60'000. Une enveloppe de 300 millions a été mise à disposition pour les dédommager.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • ton père ! le 13.05.2019 17:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    placement forcé

    On as peut-être pas été tabassé comme eux , mais c'était pas jolie a voir même après ces années passées qui aurait du servir de leçon! Même après 15 ans c'est dur de vivre sereinement alors j'ose pas imagine tous ces aînées qui ont été massacré part notre la Confédération.

  • valais le 13.05.2019 18:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bourreau

    l'homme est l'être le plus féroce envers sa propre espèce...

  • Juste de bon le 13.05.2019 19:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On n'en parle pas assez

    La Suisse a aussi sa forme de génocide avec ces placements forcés systématiques de personnes non conformes ou marginales qui étaient méprisées, condamnés aux travaux forcés et souvent mouraient faute de soins après avoir bien servi. Une page noire et une honte. Les autorités doivent faire toute la lumière. Il y a encore trop de silence.

Les derniers commentaires

  • gag le 14.05.2019 11:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Encore aujourd'hui en Suisse...

    La Suisse se rend coupable aujourd'hui encore d'actes contre contraires au droits de l'homme, de l'enfant : en effet, pour qu'un enfant en Suisse porte le nom de son père qui l'a pourtant reconnu et s'occupe de lui, il faut que ce père soit MARIÉ avec la mère, sinon son enfant ne portera jamais son nom. Ça laisse songeur...

  • Christian le 14.05.2019 09:13 Report dénoncer ce commentaire

    Une vie de misérable

    Heureusement que je suis né 1980! Parceque si serais né 30 ans plutôt ma petite nature m'aurait conduit aussi au goulag(camp d'internement soviétique)!

    • Ruski le 14.05.2019 10:33 Report dénoncer ce commentaire

      @Christian

      Le Goulag était le nom de l'administration soviétique chargée de gérer les camps et nom un camp d'internement.

  • Misstik le 14.05.2019 08:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    faut arreter

    Franchement vous pardinneriez vous pour 20'000.-? Alors que ceux qui ont adopté devait donner plus que ça en "don"? Ils se foutent de nous c est tout. Jamais personnellement j ne par donnerais, les responsables n ont même pas été punis.

    • Triste le 14.05.2019 11:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Misstik

      « Eux » ils s'en fichent que vous ne pardonniez pas, par contre vous, ça vous fait du mal.

  • Mekant le 14.05.2019 08:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Jamais dire jamais

    Qu'auriez vous fait dans le même cas? La question va peut être bientôt revenir... Quand une société accumule les indigents, inaptes, super seniors, handicapés et asociaux à qui il faut payer les soins, l'enfermemenr et les programmes d'occupation avec le personnel qui va avec et qu'ils dépassent en nombre les actifs qui seront obliger de payer pour tous ces cas.... vous verrez bien.

    • jarod gibbs le 15.05.2019 12:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Mekant

      Wahou...ça va être sympa quand vous serez indigent et que vous couterez plus que vous rapportez! Espérons que vous n'aurez pas voté comme un pied...

  • Jean Luc le 14.05.2019 07:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Perte d'argent

    On n'a rien d'autre à faire que de profaner des tombes et perdre du temps pour ça !