Construction

02 décembre 2011 15:06; Act: 02.12.2011 16:27 Print

Plus de 2000 maçons dans la rue au Tessin

Plus de 2000 maçons sont descendus dans la rue vendredi au Tessin, manifestant pour une nouvelle convention nationale de travail leur offrant plus de protection.

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Après les Romands et Alémaniques il y a une semaine, les ouvriers du bâtiment tesssinois ont manifesté vendredi en faveur d'une nouvelle convention nationale de travail (CN). Selon les syndicats, plus de 2000 travailleurs se sont mobilisés, bloquant momentanément quelque 500 chantiers.

Par la voix du directeur de sa section tessinoise, Vittorino Anastasia, l'association patronale - la Société suisse des entrepreneurs (SSE) - a contesté les chiffres des syndicats Unia et Syna/OCST. Interrogé par l'ats, il a indiqué n'avoir dénombré que 500 manifestants, chiffre également avancé par la police cantonale.

La mobilisation des travailleurs tessinois s'est déroulée dans le calme. Celle-ci est intervenue au lendemain de l'annonce, par la SSE, d'une plainte contre Unia pour violation de la paix du travail à l'occasion de la journée de protestation organisée le 25 novembre. Celle-ci avait mobilisé pas moins de 7000 ouvriers du gros oeuvre à Genève, Lausanne, Zurich et Berne.

Selon l'association patronale, des «actes criminels tels que contrainte, violation de domicile, dommage à la propriété, vol et brigandage» avaient été commis à l'instigation des syndicats, notamment sur des chantiers de la région zurichoise. Plusieurs entreprises veulent déposer plainte contre les syndicats suite à ces manifestations.

Conditions de la SSE

La SSE a durci ses conditions. Pour reprendre les discussions avec Unia, l'association faîtière exige du syndicat qu'il respecte la paix sociale et qu'il accepte que l'actuelle CCT, qui arrive à échéance en fin d'année, soit prolongée sans conditions jusqu'à ce qu'un nouveau contrat entre en vigueur.

Unia estime pour sa part que les reproches de la SSE ne «tiennent pas la route», et que maçons et syndicats se sont légitimement défendus contre les tentatives de pressions de certaines directions de chantiers voulant interdire à leurs salariés de participer à l'action de protestation.

Selon Unia, un partenaire désireux d'une nouvelle CN ne prend pas ce genre de cas particuliers comme prétexte pour rompre les discussions. Kurt Regotz, le président de Syna, syndicat que le SSE considère toujours comme partenaire de négociation, s'est dit favorable à prolonger l'actuelle CCT jusqu'à la conclusion d'un nouveau contrat, tout en jugeant faux d'écarter un partenaire social des discussions.

Les syndicats ont également relevé qu'un contrat collectif de force obligatoire n'est envisageable qu'avec tous les syndicats. Une extension ne pourra pas être obtenue en négociant avec un seul représentant des salariés.

Discussions dans l'impasse

Pour mémoire, les négociations portant sur la nouvelle CN ont échoué le 2 novembre, après neuf mois de discussions. Les syndicats, qui demandaient notamment des améliorations en matière de protection contre le dumping salarial ainsi qu'en cas de maladie, d'accidents ou d'intempéries, ont accusé la SSE de s'être rétractée sur certains compromis.

Anticipant un échec des discussions, les syndicats avaient organisé à fin septembre déjà une manifestation d'envergure à Berne, qui avait réuni pas moins de 12'000 personnes. En 2008, alors que la branche se trouvait dans une situation identique, les travailleurs s'étaient lancés dans des grèves et avaient bloqué des chantiers.

(ats/ap)