Redevance radio-TV

07 janvier 2018 10:17; Act: 07.01.2018 16:27 Print

5000 artistes s'engagent contre «No Billag»

Au nom de la diversité culturelle de la Suisse, des artistes helvétiques appellent le peuple à rejeter le texte en votation le 4 mars.

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Les chaînes exclusivement financées par la publicité diffusent beaucoup moins de musique suisse que la SSR. (Photo: Keystone)

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Plus de 5000 artistes helvétiques se mobilisent pour défendre la SSR contre l'initiative «No Billag», qui vise à supprimer la redevance radio-TV. Au nom de la diversité culturelle de la Suisse, ils appellent le peuple à rejeter le texte en votation le 4 mars.

Parmi eux, les cinéastes Ursula Meier, Fernand Melgar, Jean-Stéphane Bron et Fulvio Bernasconi, le rappeur Stress, les humoristes Brigitte Rosset, Thierry Meury et Karim Slama ou les musiciens Alain Morisod, Mark Kelly et Stephan Eicher. De nombreux autres compositeurs, écrivains, dramaturges, danseurs ou comédiens ont signé cet appel publié sur le site www.no-culture.ch.

«No Billag» menace la SSR ainsi que 13 télévisions régionales et 21 radios locales, pointe le texte, selon un communiqué diffusé dimanche. «Cela ne remet pas seulement en question la liberté d'expression, mais aussi une tradition culturelle en Suisse: de la musique folklorique à la techno, de la série télévisée 'Le Croque-mort' au film de fiction, de la série policière au festival d?humour».

Les chaînes exclusivement financées par la publicité diffusent beaucoup moins de musique suisse que la SSR et d'autres radios privées financées par la redevance, soulignent les signataires.«Des programmes consacrés aux genres musique classique, musique folklorique, jazz et rock n'existeraient plus.» Et la SSR est aussi importante pour la production cinématographique ou de documentaires.

SSR «pas parfaite»

Selon le texte de l'appel, «la SSR n'est pas parfaite et le service public est un sujet qui mérite davantage de discussions». Les créateurs culturels disent vouloir prendre part à ces débats.

Plus de 50 organisations, fondations et autres associations culturelles romandes, régionales ou nationales soutiennent cet appel. Parmi elles, des faîtières du cinéma, de la musique, de la production littéraire et de nombreuses autres disciplines artistiques.

Position des initiants

Contacté dimanche par l'ats, le président du comité de campagne romand «No Billag» Nicolas Jutzet a déclaré que le texte des initiants ne représente aucunement une menace pour la culture. «Sans redevance, la SSR et les médias régionaux pourront continuer à soutenir les artistes et à leur donner une plate-forme, mais avec des financements privés».

«Je ne vois pas pourquoi l'offre devrait changer étant donné que le public suisse apprécie les contenus musicaux et culturels suisses actuellement proposés». Au contraire, d'après les initiants il s'agit d'une opportunité pour de nombreux artistes qui ne désirent pas collaborer avec la SSR.

Dans un marché libre, ces derniers auront plus de chances de faire apparaître leur offre, avance Nicolas Jutzet. «Nous ne nous attaquons pas à la culture, nous remettons en cause un système de financement dépassé qui avantage certains acteurs».

Solidarité culturelle

La SSR participe à «une certaine idée de la Suisse (...) qui cultive la solidarité audiovisuelle et culturelle entre régions», a fait valoir Gilles Marchand samedi dans un entretien avec Le Temps. Ce faisant, elle «contribue à cette cohésion nationale, même si elle n'en a pas le monopole.»

Gilles Marchand se dit conscient qu'il sera «toujours plus compliqué d'imposer une redevance contrainte aux futures générations 'pay per view'», soit plus enclines à ne payer que ce qu'elles consomment. La SSR est prête «à travailler, à proposer des variantes» à la population.

Redevance à 300 francs

Dans une interview publiée samedi sur le site watson.ch, le journaliste zurichois et entrepreneur Roger Schawinski affirme quant à lui que l'initiative «No Billag» ne laisse pas d'alternative à la SSR. Son délai de transition est très court, quelques mois seulement. Il accuse les initiants de tromper la population.

Pour Roger Schawinski, la direction de la SSR n'a pas encore réalisé la gravité de la situation. Si l'initiative était acceptée, la Société suisse de radiodiffusion et télévision ferait rapidement faillite, estime-t-il. Afin d'éviter le pire, il suggère de préparer un contre-projet avec une redevance à 300 francs.

Rendez-vous le 4 mars

L'initiative «No Billag» est soumise au peuple le 4 mars. Elle interdirait à la Confédération de subventionner toute chaîne de télévision ou de radio. Pour ses partisans, la diversité et la liberté du paysage médiatique seraient encouragées en cas de oui. Ils considèrent que la liquidation pure et simple de la SSR n'est pas un scénario crédible.

Médias Pour Tous a lancé dimanche une action de crowdfunding nationale - en quatre langues - pour financer la campagne contre l'initiative. L'objectif est de récolter 120'000 francs en 21 jours, écrit l'association dans un communiqué.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • B. Hillagg le 07.01.2018 11:07 Report dénoncer ce commentaire

    Fonctionnaires de la "culture".

    Il n'y a pas 5000 artistes dans notre pays. Ce sont 5000 fonctionnaires de la "culture".

  • Hhh le 07.01.2018 10:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Hhh

    Comment utiliser largent public pour influencer ce peuple de mouton avec tous ces articles.... ahah cette foi vous êtes allé trop loint, la colère monte!!! Ciao ciao billag

  • Kupus le 07.01.2018 11:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Labus de taxe tue la taxe

    Magnifique, ça sent la peur, hein? Cest les conséquences des prix abusés et injustifiés. Vivement le 4 mars, oui à « NoBillag » haut et fort..

Les derniers commentaires

  • Un musicos le 15.01.2018 12:31 Report dénoncer ce commentaire

    Il y a bien plus de 5000 artistes en CH

    Je suis un musicien suisse, diffusé sur Couleur3, Grrriff ou Yes fm entres autres. Je dois bosser à côté pour vivre comme le 95% des artistes suisses. Mon taux effectif de travail sur est de 120% minimum si on cummule l'ensemble de mes activités. Je gagne env. CHF 2000.- par mois. Je suis heureux, ne me plains pas de la situation et paie Billag. Allez-y, lâchez-vous, mais on est plus de 5000 artistes de tous bords dans cette situation en Suisse, je vous le dis.

    • Levalesco.vs@gmail.com le 18.01.2018 09:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      les assistés de BILLAG

      Quand ont choisi sont métier ont l'assume Billage est pas la chaîne du bonheur de toutes les associations de bienfaisance des assistés .

  • Jean-Marc le 10.01.2018 15:13 Report dénoncer ce commentaire

    L'iPhone 8+

    Certains défendent l'idée que la SSR ne pourrait pas survivre avec les centaines de millions encaissés des recettes publicitaires, d'un paiement d'un service à la carte et d'investissements privés. Naturellement, vu que ouvrir cette porte laisserait les indécis s'orienter tranquillement vers un "oui"! Mais en réalité, la SSR ne fait que cracher das la soupe! Ca me rappelle mon fils de 15 ans qui voulait un iPhone 8+ et qui m'a fait tout un binz pour m'expliquer que l'iPhone 7+, que je lui offrais, n'était pas à la hauteur de ses besoins...

  • con sommateur le 09.01.2018 06:10 Report dénoncer ce commentaire

    moins de qualités mais plus d'offres

    il y a des votations ou le résultat est connu d'avance, faut pas non plus rêver et mettre en avant la solidarité, surtout à sens unique. Nous vivons une période économique difficile, donc si on peut économiser une taxe qui a toujours été controversée et mal perçue (un peu comme les taxes ecclésiastiques) et bien chacun pour ca gueule. dans l'avenir de toute façon la télé comme tout les autres business va devoir innover ou disparaitre sans que cela ne change grand chose pour le téléspectateurs qui aura toujours d'autres offres.

  • Joël Kri le 08.01.2018 23:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Quelle commune va encaisser les impôts de la sté q

    Selon mes informations, Si linitiative ne passe pas, cest la société Serafe Sa, filiale de Secon SA qui devrait encaisser la future redevance et déposer son siège sociale et payer des impôts dans la commune au Nord de Zürich, commune de Ferhaldorf. Il faut savoir que la sté Secon SA est active et encaisse aussi des montants pour des assureurs maladie. Bien entendu, ces éléments sont particulièrement opaques pour le grand public, cest un vrai scandale. Pourquoi une commune peut encaisser des impôts sur le dos du financement de la redevance? Et pourquoi une commune plus quune autre?

  • Joël Kri le 08.01.2018 23:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Démocratie bananière au débat ARENA du 18 décembre

    Il faut savoir que le thème de la fonction publique dans lémission de la TSR Arena le 18 déc. les responsables des initiants de linitiative No Billag nont pas reçu dinvitation pour participer aux débats. Si cest cela la démocratie, il faut rapidement mettre un coup de pied dans la fourmilière, dans tous les cas nous sommes roulés dans la farine depuis trop longtemps.