UBS

03 mai 2012 15:13; Act: 03.05.2012 16:59 Print

Politique salariale des dirigeants acceptée

Lors de l'assemblée générale de la banque UBS, les actionnaires ont accepté la nouvelle politique salariale, non sans contestation.

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La politique des salaires des dirigeants d'UBS a passé la rampe du vote consultatif jeudi devant l'assemblée générale de la banque réunie à Zurich-Oerlikon. Avec 40% de voix contre, une part de l'actionnariat a toutefois donné un signe net de contestation.

Politique critiquée

«Je comprends que la politique des salaires soit critiquée», a déclaré le président du conseil d'administration sortant Kaspar Villiger juste avant le vote consultatif sur le rapport de rémunération 2011. Mais la banque doit rester attractive pour les «bons éléments», a-t-il ajouté, soulignant que les dirigeants ont vu leur rémunération réduite d'un bon quart en 2011.

Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos, a appelé à suivre son exemple et à voter contre le rapport de rémunération.

Vote consultatif

S'agissant d'un vote consultatif, le résultat du vote ne fait que donner le «pouls» de l'actionnariat, selon le terme de Villiger. En ce qui concerne le conseil d'administration, qui détermine lui-même ses rémunérations, le président sortant estime que l'actionnariat peut être consulté. En revanche, il juge que c'est aux administrateurs de déterminer les salaires des membres du Directoire, au nom de la liberté de la place économique suisse.

Pour mémoire, le nouveau directeur général d'UBS Sergio Ermotti a perçu l'an dernier une rémunération totale de 6,4 millions de francs. Le numéro un bancaire helvétique a en outre procédé à un ajustement de ses résultats 2011, avec pour effet une réduction de 74 millions de son bénéfice net. Performance en baisse oblige, l'enveloppe de bonus s'est vu réduite en 2011 à 2,6 milliards de francs. C'est 40% de moins qu'en 2010, confirme le rapport annuel publié jeudi par l'établissement aux trois clés.

Décharge accordée de justesse

Seulement 52% des actionnaires d'UBS ont accordé jeudi la décharge aux membres du Conseil d'administration et du Directoire du Groupe pour l'exercice 2011. Quelque 39% des votants l'ont refusée tandis que 8% se sont abstenus.

«J'admets que ce résultat n'est pas brillant» a déclaré le président sortant du conseil d'administration Kaspar Villiger. Il interprète ce score comme la conséquence de la perte de 1,8 milliard de francs subie à Londres l'été dernier et assure que ce signal sera pris très au sérieux.

Trois élections

Axel Weber, Isabelle Romy et Beatrice Weder di Mauro ont été élus jeudi au conseil d'administration d'UBS par l'assemblée générale des actionnaires réunie à Zurich-Oerlikon. L'économiste allemand Axel Weber obtient plus de 98% de voix en sa faveur.

L'élection de l'économiste allemand Axel Weber (55 ans), ancien directeur de la Bundesbank, la banque centrale allemande, marquera ainsi le retour d'un banquier à la présidence d'UBS. Il doit succéder au président sortant du conseil d'administration Kaspar Villiger, dont le départ un an plus tôt que prévu est connu depuis novembre dernier.

«J'accepte volontiers ce mandat. Je suis convaincu qu'UBS a un brillant avenir, malgré le contexte en mutation», a déclaré Axel Weber. Il est temps de mener UBS dans une phase de stabilisation. Il a précisé avant le vote qu'il a déjà déménagé en Suisse avec sa famille et apprécié ces derniers mois. «Le fait qu'il soit Allemand a été critisé, a dit avant l'élection Kaspar Villiger. C'était pour moi un point important qu'il parle l'allemand. Il a fait beaucoup d'efforts afin de mieux comprendre la Suisse» a ajouté le président sortant.

Première romande

Les deux nouvelles administratrices Beatrice Weder di Mauro et Isabelle Romy, toutes deux élues à 99% des voix, deviennent ainsi les plus jeunes membres de l'organe. Jusqu'ici la seule femme membre de l'instance est l'ancienne responsable des finances du réassureur Swiss Re, Ann Godbehere, réélue.

La Romande Isabelle Romy (née en 1965), partenaire du cabinet d'avocats zurichois Niederer Kraft & Frey, est spécialisée dans les procédures et les arbitrages internationaux. Professeur associée à l'Université de Fribourg et à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) depuis 1996, elle a occupé le poste de juge suppléant auprès du Tribunal Fédéral de 2003 à 2008.

Depuis 2002, elle est membre de la Commission des sanctions de SIX Swiss Exchange, dont elle est vice-présidente depuis 2008. L'UBS a déjà indiqué qu'elle ne voyait aucun risque de conflit d'intérêts entre cette fonction et un mandat à son conseil d'administration.

Pour sa part, Beatrice Weder di Mauro (née en 1965) est professeur d'économie, de politique économique et de macroéconomie internationale à l'Université Johannes Gutenberg de Mayence (D) depuis 2001. Depuis 2004, elle est membre du Conseil allemand des experts économiques.

De 1994 à 1997, elle a travaillé en tant qu'économiste auprès de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Washington, et est depuis 2010 membre du Groupe consultatif Europe du FMI. Mme Weder di Mauro a précisé qu'elle déposerait son mandat d'experte économique auprès du gouvernement allemand, afin d'éviter «ne serait-ce que toute apparence» de conflit d'intérêts.

(ats)