Suisse

29 avril 2019 19:07; Act: 30.04.2019 06:44 Print

Pollution: l'efficacité réside dans la coordination

Un audit publié lundi indique que la lutte contre la pollution de l'air progresserait si les cantons se concertent et analysent mieux les coûts.

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La politique de qualité de l'air fait souvent l'objet de débats politiques et dépend à la fin des moyens à disposition. (Image prétexte) (Photo: Keystone)

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La lutte contre la pollution de l'air est un travail de longue haleine. Le Contrôle fédéral des finances plaide pour une coordination nationale plus poussée dans l'application des mesures et pour une meilleure analyse de leurs coûts.

Des progrès considérables ont été réalisés ces dernières décennies pour améliorer la qualité de l'air. La lutte est d'autant plus importante que la présence de polluants comme les particules de poussières fines coûte, en matière de santé et d'environnement, plus de onze milliards de francs par an.

La Confédération fixe la marche à suivre et l'exécution relève largement de la responsabilité des cantons. Cette approche décentralisée permet de mieux cibler et de s'adapter aux spécificités locales. Dans un audit publié lundi, le Contrôle fédéral des finances y voit toutefois aussi un risque.

La politique de qualité de l'air fait souvent l'objet de débats politiques et dépend à la fin des moyens à disposition. Des mesures risquent de devenir otages de «marchandages». Au final, des solutions efficaces pourraient être reportées ou n'être appliquées que partiellement. Des efforts supplémentaires en matière de réduction doivent notamment être faits dans les transports et l'agriculture.

Le Contrôle fédéral des finances recommande donc d'analyser une harmonisation plus poussée de l'application de l'ordonnance sur la protection de l'air. L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) va s'engager dans ce sens. Les cantons rappellent qu'il s'agit d'un travail de longue haleine et soutiennent une collaboration intensive entre eux et avec la Confédération.

Mieux connaître les coûts

Pour évaluer l'utilité des différentes mesures, il faudrait aussi mieux en connaître les coûts. Or une vue d'ensemble fait défaut, regrette le Contrôle fédéral des finances. L'organe de surveillance salue les efforts faits en ce sens à Zurich.

Les autres cantons et la Confédération seraient bien avisés de suivre cet exemple ou au moins d'utiliser les données existantes en Suisse et à l'étranger pour faire des comparaisons.

A Zurich, on a ,par exemple, pu montrer qu'une campagne pour renoncer à faire brûler en plein air les détritus végétaux (jardins, champs, forêts) avait une efficacité plus grande que la promotion de l'utilisation du vélo. Dans le premier cas, il faut investir 333 francs pour supprimer une tonne de particules fines, dans le deuxième 889'000 francs.

L'OFEV va voir comment recenser les coûts. Les cantons sont intéressés par des données solides, les analyses coûts-bénéfices faisant l'objet de controverses.

(nxp/ats)