Apprentissage

20 juin 2011 11:50; Act: 20.06.2011 13:02 Print

Pour la première fois, plus d'offre que de demande

L'offre de places d'apprentissage dépasse désormais la demande. A mi-avril, 77'000 jeunes envisageaient une formation professionnelle alors que les entreprises cherchaient 81'000 apprentis.

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Pour la première fois, l'offre de places d'apprentissage dépasse la demande. A mi-avril, 77'000 jeunes envisageaient une formation professionnelle alors que les entreprises cherchaient 81'000 apprentis. Pourtant, quelque 2500 jeunes se retrouvent sur le carreau chaque année à la fin de l'école obligatoire.

De manière générale, la situation sur le marché de l'apprentissage reste stable, d'après le dernier baromètre des places disponibles, a relevé la directrice de l'Office fédéral de la formation professionnelle (OFFT) Ursula Renold lundi devant la presse. Malgré l'excédent en places, tout n'est pas rose.

La situation reflète le problème démographique causé par la baisse du nombre de jeunes en fin de scolarité et la difficulté croissante pour les entreprises de pourvoir des places de formation aux exigences élevées, d'après Mme Renold.

Il y a également une tendance des jeunes à se détourner de l'apprentissage. Certains chiffres sont alarmants, a signalé le directeur de l'Union suisse des arts et métiers (USAM) Hans-Ulrich Bigler. Chaque année, 2500 jeunes finissent l'école obligatoire et n'ont ni place de formation ni école en vue.

Bombe sociale

En outre, environ un contrat d'apprentissage sur cinq est résilié avant terme. Ce pourcentage correspond à environ 30'000 jeunes sur les 150'000 actuellement en apprentissage, d'après M. Bigler.

Et le directeur de l'USAM d'exiger des mesures pour corriger le tir. Il est essentiel que les jeunes terminent leur apprentissage, car ils courent ensuite trois fois moins de risques de se retrouver au chômage comme employés non qualifiés.

Le conseiller national et entrepreneur Otto Ineichen (PLR/LU) a parlé de «bombe sociale». D'après lui, 25'000 jeunes de 19 à 25 ans seraient en fin de droit aux prestations de l'assurance chômage et risquent de passer à l'aide sociale. Il n'existe néanmoins pas de statistique à ce sujet, a ajouté Mme Renold.

Suisse romande à contre-courant

Les cantons mettent de plus en plus de mesures en oeuvre pour éviter de laisser des jeunes sur le carreau, avec en particulier un système de gestion des cas de jeunes ayant des difficultés multiples.

A Neuchâtel, les autorités cherchent à valoriser la notion d'apprentissage, a expliqué le conseiller d'Etat Philippe Gnaegi. Alors qu'en moyenne suisse 73% des jeunes suivent une formation professionnelle après la scolarité obligatoire, les Neuchâtelois ne sont que 58% à emprunter cette voie.

Le canton veut favoriser la création de 400 places d'apprentissage en huit ans. Un projet pilote sera lancé cet automne visant à offrir un coaching aux entreprises qui engagent des jeunes pour les former. Et l'administration s'est fixée nouvellement un quota d'au moins 4% d'apprentis, a précisé M.Gnaegi

De manière générale, l'apprentissage a moins la cote en Suisse romande, selon lui. «Mais le taux de chômage des jeunes Romands qui préfèrent la voie académique est nettement plus élevé», a renchéri le directeur de l'USAM.

Efforts bernois

Dans le canton de Berne, la situation a profondément changé ces dernières années, a expliqué le conseiller d'Etat Bernhard Pulver. Les entreprises peinent à trouver des jeunes intéressés par leurs places et disposant du profil adéquat.

«Nous voulons renforcer l'enseignement général en mettant en place des leçons supplémentaires», a dit l'écologiste. Et en 9e année, des progrès scolaires ciblés devraient être proposés aux jeunes ayant déjà conclu un contrat d'apprentissage.

(ats)