Suisse

20 février 2019 10:33; Act: 11.03.2019 10:30 Print

Procès de l'ex-sergent qui combattait en Syrie

Un ancien militaire suisse comparaît devant la justice militaire. Il est accusé d'avoir prêté ses services en Syrie pour combattre l'Etat islamique.

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Trente-et-un combattants des forces prorégime ont été tués samedi dans l'explosion de munitions sur un aéroport militaire du centre de la Syrie. (Samedi 3 août 2019) La Syrie a donné son accord «conditionnel» à un cessez-le-feu dans la région d'Idleb, pilonnée sans répit depuis trois mois par le régime de Bachar el-Assad. (Jeudi 1er août 2019) Un charnier avec environ 200 corps a été découvert près de Raqa, ancienne «capitale» du groupe Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie. (Mercredi 3 juillet 2019) La Russie annonce un cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les combattants rebelles dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. (13 juin 2019) Après une nuit de bombardements, l'armée syrienne progressait dans l'ultime réduit de l'Etat islamique. (18 mars 2019) Le porte-parole de la Commission européenne Margaritis Schinas a annoncé que l'Unione européenne allait débloquer deux milliards d'euros (2,27 milliards de francs) pour les réfugiés syriens. Après huit ans de guerre qui ont fait plus de 360'000 morts, «la flamme de la révolution syrienne s'est tarie. Et ceci est, en soi, une victoire pour Assad», souligne un chercheur. (14 mars 2019) Près de 2000 personnes, dont une majorité de djihadistes, se sont rendues aux forces antijihadistes dans l'est de la Syrie. (Mardi 12 mars 2019) L'assaut décisif contre l'ultime poche de l'EI en Syrie a repris. Le délai donné à l'organisation pour la «reddition» de ses combattants a expiré, ont annoncé dimanche les forces antidjihadistes. (Dimanche 10 mars 2019) Quelque 58'000 personnes sont sorties de Baghouz, une petite localité perdue dans les plaines désertiques de l'est syrien , dernière poche de l'EI. (10 mars 2019) Après leur évacuation, des femmes vêtues de noir et chargées de lourds baluchons ou sacs à dos ont déclaré qu'elles vivaient entassées dans des tranchées, des tentes et des voitures proches de l'Euphrate.(10 mars 2019) L'ONG comité international de secours a indiqué que 12'000 personnes ayant fui Baghouz étaient arrivées dans un camp de déplacés, plus au nord au cours des 48 dernières heures, dont 6000 sur la seule journée de jeudi. (10 mars 2019) Les chefs d'accusation sont «l'affaiblissement de la force défensive de la nation et la tentative répétée de service à l'étranger». (21 février 2019) L'ex-sergeant Johan Cosar en train d'arriver au Tribunal militaire, entouré de sa défense. (21 février 2019) Le colonel Mario Bazzi (au centre) présidera le procès. (21 février 2019) Le Tribunal militaire à Bellinzone s'apprête à juger Johan Cosar. (20 février 2019) Johan Cosar, alias Omit (au centre) commande une milice syriaque, du nom des Chrétiens de Syrie. (16 octobre 2014). Le combat de Johan Cosar a également fait l'objet d'un . (11 mars 2015) Le combat de Johan Cosar lui a attiré l'attention de nombreux médias dans le monde. (11 mars 2015) Les Syriaques se sont organisés tant bien que mal en réponse aux exactions des Djihadistes. (4 septembre 2014) Des miliciens syriaques en place pour s'opposer à l'avancée des djihadistes L'armement est hétéroclite Formation et entrainement au maniement des armes Formation et entrainement au maniement des armes Les miliciens manquent de moyens face à la puissance de feu de l'Etat islamique L'heure du repas pour les miliciens mais les armes ne sont jamais loin. Des combattants derrière des sacs de sable observent les mouvements Les Syriaques sont aisément reconnaissables avec le tatouage de leur foi.

Une faute?

Un ex-sergent suisse comparaît depuis mercredi devant le Tribunal militaire. Il est accusé d'avoir servi dans une milice chrétienne de Syrie en lutte contre les terroristes islamistes. Il voulait aider les chrétiens menacés par l'avancée de l'EI, a-t-il dit.

Agé de 37 ans, né à Saint-Gall d'une mère turque et d'un père turco-syrien d'ascendance araméenne, l'accusé a grandi à Locarno où il a fait toute sa scolarité avant d'aller étudier en Suède. De retour en Suisse, il y a accompli son service militaire et a obtenu le grade de sergent.

En 2011, lorsque le conflit a touché la Syrie, après le «Printemps arabe», «qui a particulièrement concerné notre famille, j'ai décidé de me rendre sur place pour constater ce qui se passait vraiment dans le nord du pays où vit notre communauté araméenne», a expliqué le Tessinois, qui oeuvre actuellement dans une association humanitaire active au nord de l'Irak.

Lorsque l'ex-sergent est arrivé en Syrie, son père s'y trouvait déjà. «Je n'ai eu que des contacts occasionnels avec lui, a précisé l'accusé. «On nous a annoncé son arrestation le 13 août 2013 et depuis nous n'avons plus reçu d'information.»

A l'ouverture du procès mercredi matin, la mère et la grand-mère du prévenu ont déployé un portrait géant du disparu devant le Tribunal pénal fédéral.

»Se défendre ou mourir«

Jusqu'en août 2012, le séjour syrien du prévenu a été consacré à des actions humanitaires et à des reportages pour une télévision suédoise notamment. Il collaborait avec celle-ci comme freelance ainsi que pour quelques médias tessinois.

Dès l'automne 2012, lorsque la situation a dégénéré en Syrie, l'accusé a participé à la constitution de la milice «Syriac Military Council» pour laquelle il a recruté des soldats syriens sur place et qu'il a ensuite lui-même formé. La justice militaire suisse l'accuse d'avoir pris du service dans cette milice de 2013 à 2015 »sans la permission du Conseil fédéral «et d'y avoir recruté» un nombre non précisé de ressortissants suisses «ou tenté de le faire».

«Il s'agissait pour nous chrétiens de nous protéger de l'avancée de l'EI. Ou bien nous nous défendions ou bien nous mourions», a expliqué l'ex-sergent à la cour.

Co-accusé

Le cousin du trentenaire, né à Locarno en 1989, comparaît également devant le Tribunal militaire.

Dispensé du service militaire après un accident de football, il a prêté main-forte au premier accusé en l'aidant à recruter des soldats suisses disposés à entrer dans la milice syrienne, ceci par l'entremise d'appels postés sur différents réseaux sociaux comme Facebook et Youtube.

Durant son interrogatoire, le second prévenu a précisé qu'il ne s'est jamais personnellement rendu en Syrie mais que durant tout le séjour de son cousin dans ce pays, il entretenait des contacts réguliers avec lui. «Je disposais d'une page sur Facebook sur laquelle moi-même et d'autres membres de notre communauté araméenne au Tessin et en Suède notamment publiions des nouvelles transmises de Syrie.»

«Personne n'a jamais quitté la Suisse pour la Syrie»

L'inculpé a admis avoir aussi diffusé du matériel de propagande récolté sur Internet.

«Nous avons effectivement lancé des appels sur Internet pour recruter des combattants disposés à rejoindre les rangs de notre milice chrétienne mais je peux assurer que personne n?a jamais quitté la Suisse pour rejoindre la Syrie», a-t-il affirmé.

Pour les deux hommes, les chefs d'accusation sont «l'atteinte à la puissance défensive du pays et la tentative répétée de servir à l'étranger».

La communauté araméenne du Tessin est accourue en nombre aux débats présidés par le colonel Mario Bazzi. Le procès doit durer deux jours et le verdict est prévu vendredi.

(nxp/ats)