Union européenne

18 juillet 2014 11:52; Act: 18.07.2014 12:01 Print

Producteurs de lait contre l'ouverture du marché

Analyse en main, les producteurs suisses de lait reviennent à la charge contre le projet du Conseil fédéral d'une ouverture sectorielle du marché laitier avec l'Union européenne.

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Selon lui, le gouvernement se trompe en prétendant que la production ne chutera pas, avec des conséquences sur l'auto-approvisionnement et les structures agricoles notamment.

Les études présentées par le Conseil fédéral en mai, à la demande du Parlement, pour analyser le pour et le contre de l'ouverture de la «ligne blanche» sont «plausibles économiquement», mais «peu réalistes» concrètement. A l'appui de telles affirmations, la Fédération suisse des producteurs de lait PSL a présenté vendredi à Berne une analyse complémentaire à l'étude de la Haute école spécialisée (HES) bernoise des sciences agricoles.

Ce travail complémentaire visait à comprendre pourquoi le rapport du Conseil fédéral et l'étude de la HES de Zollikofen (BE), présentée l'an dernier par la PSL en prévision de ce rapport, parviennent à des conclusions aussi divergentes.

Avantageuse ou difficilement supportable

D'après l'expertise gouvernementale, une ouverture totale du marché du lait entre la Suisse et l'UE serait avantageuse pour l'économie helvétique. Certes, le prix du lait payé au producteur pourrait chuter de 17 à 25%, soit jusqu'à 16 centimes, sans qu'il soit certain que le consommateur en bénéficie, mais des mesures compensatoires sont envisagées. En outre, les quantités produites devraient continuer d'augmenter légèrement et les changements structurels rester faibles.

L'étude mandatée par la PSL juge au contraire qu'une telle ouverture du marché serait difficilement supportable pour les producteurs suisses et pas davantage profitable aux commerçants et aux transformateurs. Des exploitations, et non des moindres, se détourneraient de la production laitière et cette dernière chuterait, avec la perte d'importantes parts de marché, mettant en danger l'actuel auto-approvisionnement, à 100%, en produits laitiers frais.

Différences méthodologiques

L'analyse complémentaire présentée vendredi impute ces différences en grande partie à des raisons méthodologiques. L'étude du Conseil fédéral se base essentiellement sur les résultats de simulations, incluant des informations sur les quantités, les prix, l'évolution des structures et des revenus agricoles. Celle de la HES est en revanche basée sur des données de 16 exploitations et sur une enquête menée auprès d'experts.

Pour l'instant, la question d'une ouverture de la «ligne blanche» est purement théorique, aucun pourparler exploratoire n'ayant eu lieu avec Bruxelles, assurait en mai le directeur de l'Office fédéral de l'agriculture Bernard Lehmann. La «ligne blanche» signifie tous les produits laitiers sauf le fromage, lequel constitue la «ligne jaune», dont le marché avec l'UE est déjà ouvert depuis 2007.

(ats)