Blé modifié

10 février 2011 12:05; Act: 10.02.2011 16:00 Print

Protéger les champs coûte cher

Les essais de culture de blé génétiquement modifié coûtent cher. Pour 1 franc investi dans la recherche, il faut ajouter 1,26 franc pour la protection contre le vandalisme.

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La culture de blé génétiquement modifié fait polémique. (Photo: Keystone)

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Des tests ont été menés à Pully (VD) et Reckenholz (ZH) de 2008 à 2010. Une équipe de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) a examiné les coûts de ces essais.

Elle a découvert que pour chaque franc dépensé pour la recherche, il faut ajouter 1,26 franc de frais annexes soit: 78 centimes (protection contre le vandalisme), 31 centimes (biosécurité) et 17 centimes (surveillance par les autorités).

Cette étude a été publié par le Fonds national suisse jeudi à Berne. Elle a été menée dans le cadre du programme de recherche «Utilité et risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées» (PNR 59) dont la synthèse finale est attendue en été 2012.

Sites permanents

Le groupe de l'EPFZ ne s'est délibérément pas intéressé à savoir si ces frais annexes sont sensés et justifiables. En revanche, leur étude souligne qu'ils découlent majoritairement de la protection des champs contre le vandalisme.

Elle suggère d'aménager des sites permanents et bien protégés. Ceux-ci donnent lieu à un investissement initial considérable mais rendraient par après les essais de dissémination bien plus avantageux, selon les auteurs de l'étude.

«A l'avenir, sans réduction des frais, de tels essais ne pourront probablement plus être effectués en Suisse», affirme Thomas Bernauer qui a dirigé l'équipe de l'EPFZ. Il attire l'attention du monde politique sur les répercussions d'un éventuel arrêt des essais sur ces nouvelles plantes en Suisse.

Effets des plantes sur l'environnement

Les essais de culture de blé génétiquement modifié ne produisent aucun effet négatif sur l'environnement. Ce constat résulte de mesures menées à Pully (VD) et Reckenholz (ZH) dans le cadre d'un Programme national de recherche (PNR).

Le PNR 59 titré «Utilité et risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées» prévoit neuf sujets de recherches. Deux concernent directement l'emploi de blé modifié et sept s'intéressent aux dangers sur l'environnement.

Les scientifiques ont cherché notamment à savoir si de telles cultures affectent les vers de terre, les bactéries du sol ou les champignons. «Ils n'ont trouvé aucun effet négatif», a expliqué à l'ATS Beat Glogger, mandataire du PNR 59.

Les différences sont plus grandes entre deux sortes de blé traditionnel qu'entre un blé modifié et un blé tranditionnel. Des croisements de plants de blé modifié avec des plants de blés traditionnel voisins ne se produisent qu'à une disance de quelque 2,5 mètres au plus, a-t-il indiqué.

En revanche, les scientifiques n'ont encore aucune réponse claire sur un point important: la résistance du blé modifié à l'oïdium. Celle-ci a toutefois été observée en laboratoire. D'où la nécessité de réaliser ces essais sur un champ.

(ats)