Suisse

17 octobre 2019 17:40; Act: 17.10.2019 18:18 Print

Psychothérapie: l'accès facilité bien accueilli

Le CF travaille sur une meilleure prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiques. Son plan nécessite quelques ajustements.

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Les prestations fournies par des psychologues seraient remboursées par l'assurance maladie de base. (Photo: Keystone)

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Le projet du Conseil fédéral qui permet d'accélérer la prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiques est globalement bien accueilli. Plusieurs points font toutefois l'objet de divergences parmi les milieux concernés.

Le projet propose que les prestations fournies par des psychologues, formés en psychothérapie, soient remboursées par l'assurance maladie de base. Mais elles doivent avoir été prescrites par un médecin. Les thérapeutes doivent aussi posséder une qualification appropriée ainsi qu'une autorisation de pratiquer délivrée par le canton.

L'objectif de ce changement est de faciliter l'accès des enfants, des adolescents et des adultes, en particulier, au traitement psychothérapeutique dans les situations de crise et de réduire leurs temps d'attente.

Formation des psychologues suffisante?

La question des compétences des psychothérapeutes fait partie des points discutés dans cette procédure de consultation qui s'achève jeudi. Selon la Fédération suisse des médecins psychiatres-psychothérapeutes (FMPP), les soins de santé mentale exigent «une compétence et une expérience que la formation actuelle des psychothérapeutes ne garantit pas».

Le projet du Conseil fédéral stipule que les psychothérapeutes doivent avoir une année d'expérience clinique postuniversitaire s'ils souhaitent proposer une psychothérapie. Insuffisant, aux yeux des organisations faîtières des assureurs maladie Curafutura et Santésuisse.

Curafutura exige une expérience professionnelle de deux ans, qui doit être complétée sous la forme d'une formation post-universitaire dans une institution psychothérapeutique et psychiatrique sous la direction d'un médecin spécialiste. Santésuisse exige la preuve d'une formation complémentaire en psychiatrie et psychothérapie et souhaite que les médecins qui ordonnent thérapie soient au bénéfice d'une formation complémentaire.

Psychothérapie facilitée

La question de savoir qui peut ordonner une thérapie fait aussi partie des divergences. Selon le Conseil fédéral, un médecin de famille ou un gynécologue sans certificat de compétence correspondant devrait également être autorisé à prescrire une psychothérapie en cas de crise ou de brève intervention. La consultation préalable d'un psychiatre ne serait plus obligatoire.

Les psychiatres (FMPP) veulent restreindre cette possibilité. Seuls les spécialistes en psychiatrie et psychothérapie, en psychiatrie et psychothérapie pédiatriques, en psychothérapie, ainsi que les médecins titulaires d'un certificat de médecine psychosomatique et psychosociale devraient être autorisés à ordonner une psychothérapie.

Santésuisse veut aussi poser des limites. Elle craint sinon une augmentation du nombre de traitements médicalement injustifiés. Cela imposerait aux assurés des coûts qui ne pourraient pas être réglés par l'intermédiaire de l'assurance de base. A l'inverse, la Fédération suisse des psychologues (FSP) refuse ces restrictions. Les «goulets d'étranglement existants» seront éliminés si les médecins et les médecins généralistes sont autorisés à ordonner une psychothérapie.

Quels coûts?

Les coûts supplémentaires du projet du Conseil fédéral font également l'objet de critiques. Selon les estimations du Conseil fédéral, un montant de 100 millions de francs sera remboursé par l'assurance de base. Aujourd'hui, les frais sont à la charge des patients eux-mêmes et des assurances complémentaires.

La FMPP s'attend cependant à des coûts supplémentaires de plus d'un demi-milliard de francs. La fédération pointe du doigt le fait que les psychologues n'ont pas de règles telles que le numerus clausus ou l'interdiction d'admission. Les faîtières des assureurs maladie exigent elles une surveillance nationale afin d'éviter que les coûts ne deviennent incontrôlables.

Quinze séances?

Enfin, les milieux concernés ne parviennent pas à se mettre d'accord sur le nombre de séances qui peuvent être prescrites par un médecin. Le Conseil fédéral propose qu'un maximum de 15 séances soit possible. Une nouvelle ordonnance du médecin serait nécessaire pour une prolongation. Par cette mesure, le Conseil fédéral veut contrecarrer l'augmentation des coûts et l'augmentation injustifiée des volumes.

La Fédération suisse des psychologues (FSP) émet des réserves quant à cette restriction. Quinze séances ne seraient pas suffisantes, surtout pour les enfants et les adolescents. De son côté, Curafutura veut réduire le nombre maximum de séances à dix. Selon une enquête interne de Curafutura, une psychothérapie dure en moyenne huit séances.

(nxp/ats)