Frauenfeld (TG)

17 juin 2015 17:06; Act: 17.06.2015 17:12 Print

Rassemblement de Pegida à nouveau interdit

Frauenfeld a refusé une nouvelle fois au mouvement anti-islamisation Pegida l'autorisation de manifester.

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La ville invoque le risque de débordements en cas de contre-manifestation. La protection de la population prime sur la liberté d'expression et de manifester, explique l'exécutif du chef-lieu thurgovien.

Déposée par un membre du Parti de la démocratie directe (DPS), la demande concernait cinq manifestations de Pegida («Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident»). Les rassemblements étaient prévus à Frauenfeld en présence des deux dirigeants allemands du mouvement Lutz Bachmann et Tatjana Festerling, ont précisé les autorités mercredi.

Représentant de la communauté sectaire Organisation Christus Generation, le négationniste alémanique Ivo Sasek aurait également été invité, tout comme le populiste de droite st-gallois Ignaz Bearth, président du DPS.

Sous le coup d'une enquête pénale, ce dernier s'est retiré en janvier dernier de ses fonctions de porte-parole de Pegida Suisse. Ancien membre de l'UDC, il avait auparavant été membre du Parti des Suisses nationalistes (PSN/PNOS), situé à l'extrême droite.

Risque de débordements «très élevé»

En avril dernier, la ville de Frauenfeld avait rejeté une première demande d'autorisation de manifester en raison de l'impact d'un tel événement sur la fluidité de la circulation routière. Dans sa seconde demande, le requérant a précisé que les rassemblements de Pegida pouvaient aussi se dérouler le dimanche.

Même avec un dispositif important, la police ne peut empêcher une confrontation entre manifestants et contre-manifestants, peu importe le lieu de rassemblement, réplique la ville dans sa réponse. Et d'ajouter que le risque que des tierces personnes soient mises en danger est considéré comme «très élevé».

Le but avoué de la manifestation est d'«attirer l'attention du public de manière controversée», soulignent les autorités. Cet objectif prouve le potentiel de débordements du rassemblement, estiment-elles. Aucune des dates proposées par les organisateurs ne bénéficiera donc d'un feu vert.

(ats)