Union patronale suisse

25 mars 2011 10:32; Act: 25.03.2011 14:24 Print

Rejet des initiatives sur les salaires

L'Union patronale suisse (UPS) refuse toute obligation pour les entreprises d'accorder un revenu minimal à leurs employés et de restreindre les plus hauts salaires.

Une faute?

L'UPS rejette en conséquence les initiatives en ce sens lancées par la gauche et les syndicats.

Concrètement, l'UPS s'oppose à l'initiative sur les salaires minimaux lancée par l'Union syndicale suisse et qui prévoit d'ancrer dans la loi un revenu minimal de 4000 francs par mois, comme elle l'a indiqué vendredi devant la presse à Berne. L'organisation faîtière dénonce un montant «nettement supérieur» à celui versé dans des pays européens comparables.


Minimum vital

L'UPS craint également l'ampleur des changements qu'apporterait l'initiative. Une hausse de salaire pourrait concerner «400'000 salariés, soit 10% de la population active». Une intervention «si poussée» aurait un impact négatif sur l'emploi, relève l'UPS, qui met aussi en garde contre de possibles délocalisations des entreprises.

Le lien établi par les initiants entre salaire et minimum vital est aussi remis en question par l'UPS. «Chaque salaire ne suffit peut-être pas à assurer entièrement les besoins existentiels. (...) Selon les cas, un salaire considéré comme suffisant pour une personne seule ne le sera pas pour une famille», a indiqué son vice- président Wolfgang Martz.

Lorsque le salaire ne permet pas de couvrir tous les besoins, l'aide sociale comble le manque financier, relève l'UPS. «Un 'revenu minimum garanti' existe donc bel et bien chez nous».


Plafonnement

A l'autre bout de l'échelle salariale, l'UPS s'oppose aussi à l'initiative «1:12» des Jeunes socialistes. Le texte demande que dans une entreprise le salaire le plus haut ne dépasse pas un montant 12 fois plus élevé que le salaire le plus bas.

«Rien ne justifie une telle intrusion dans la politique salariale des entreprises, même pas les salaires exagérés de certains hauts dirigeants», s'est insurgé M. Martz. Cela irait à l'encontre de la flexibilité en matière d'emploi, qui fait le succès de la Suisse sur le plan international, a-t-il ajouté.

L'UPS se montre tout aussi inflexible quant au renforcement de la protection contre les licenciements, a-t-elle rappelé. Proposé par le Conseil fédéral, ce projet était en consultation jusqu'à la mi- janvier. L'UPS considère notamment comme trop important le relèvement de 6 à 12 mois de l'indemnité maximale versée suite à un licenciement abusif. Ce doublement pourrait être fatal aux PME.


Révision de l'AI

Par ailleurs, l'UPS se dit favorable à la 6e révision de l'assurance invalidité, adoptée par le Parlement lors de la session de printemps. Elle veut s'engager pour faciliter la réinsertion des personnes handicapées sur le marché du travail, l'une des mesures phares du premier volet de la révision. A cette fin, la faîtière compte sensibiliser les chefs d'entreprise à l'embauche de personnes handicapées.

(ats)