Parc national

14 juillet 2014 17:02; Act: 14.07.2014 17:09 Print

Rendre la réserve grisonne plus sauvage

Agrandir le Parc national suisse et réduire l'impact de la route qui le traverse permettrait de rendre cette région grisonne encore plus sauvage.

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Le Parc national suisse est le plus protégé et le plus ancien du genre en Europe centrale. (Photo: Keystone/Gaetan Bally)

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A deux semaines des 100 ans de son ouverture, le jour de la Fête nationale, le maître des lieux fait le point sur son histoire et son évolution.

«Plus le Parc national avance en âge et se rapproche de l'état totalement sauvage, plus sa valeur augmente», souligne Heinrich Haller, interrogé par l'ats. Pour le directeur de l'institution, il faut, à long terme, combler les faiblesses du parc: sa taille relativement petite, son manque de grands prédateurs et l'impact négatif du trafic routier sur l'axe du col de l'Ofen.

Pas sans projet local

Une extension du parc nécessite toutefois un large soutien politique. Pour y parvenir, c'est à la région elle-même de lancer un tel projet, estime M. Haller.

Le Parc national suisse est le plus protégé et le plus ancien du genre en Europe centrale. Et même s'il existe des parcs naturels plus grands et tout aussi protégés que celui de l'Engadine, les 170 km2 de ce dernier sont tout de même composés de 51% de surface à végétation sauvage, 31% de forêts, le reste étant constitué de surfaces herbeuses alpines et subalpines.

Exploitation intensive avant 1900

Une réalité bien différente de l'exploitation intensive que les forêts de la région ont connue du 14e au 19e siècle. Leur bois à brûler a d'abord alimenté les fonderies engadinoises, explique Jon Domenic Parolini, récemment élu au gouvernement grison, dans son travail de doctorat. Le nom même du col de l'Ofen («col du four») rappelle cette période.

Le bois à brûler d'Engadine a ensuite été livré à une saline tyrolienne. L'état de la nature n'avait donc rien d'idyllique au moment de l'ouverture du parc, le 1er août 1914. Ses plaies étaient alors encore bien visibles. Elles se sont cicatrisées au cours de son premier demi-siècle d'existence, précise Heinrich Haller.

20 millions par an

L'ouverture officielle du Parc national suisse est toutefois passée quasi inaperçue en raison du début de la Première Guerre mondiale. A l'époque, les milieux conservateurs avaient saisi l'opportunité de la misère économique régnant en Engadine pour gagner le soutien des communes de la région. Leur but: attirer les amoureux de la nature pour entretenir les valeurs traditionnelles face aux révolutions technologiques.

Il a pourtant fallu attendre les années 1960 pour qu'un véritable tourisme de randonnée se développe autour du Parc national. Aujourd'hui, environ 150'000 personnes visitent chaque année cette réserve naturelle grande comme le Liechtenstein. Le parc, dont l'accès principal se trouve à Zernez (GR), rapporte 20 millions de francs par an au tourisme suisse.

(ats)