03 janvier 2007 00:47; Act: 03.01.2007 01:27 Print

Reportage exclusif chez les libérateurs de nains de jardin

Après la France, le Front de libération des nains de jardin (FLNJ) a fait des petits en Suisse romande. Rencontre à Fribourg.

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Ils sont sept, ce soir-là, comme les nains de Blanche-Neige, mais sans elle. Sept gars entre 16 et 18 ans, sur un parking désert, à l’orée de la forêt. Ils sont venus avec des compagnons de plastique ou de céramique, bonnet rouge et barbe blanche. «Ceux en terre cuite cachent une grande fragilité», explique doctement Patrick – ils s’appellent presque tous Patrick. Encagoulés, déguisés, ils ont l’air plus carnavalesque que terroriste. «On s’est associé un soir de mardi gras. Avant d’aller chercher des nains, on fait la noce: on les trouve plus vite quand on chancelle», rigole l’un d’eux. «A froid, on n’ose pas trop aller dans les jardins», confie un autre. La plus grande «libération» date d’août 2006: un cortège de petits hommes menés par Blanche-Neige, trônant devant une maison de commune. La dernière remonte à novembre. «Chaque fois, on met une pancarte dans le jardin des gens, pour qu’ils sachent où retrouver leurs protégés.» Les «libérateurs» sont conscients que, pour leurs propriétaires, les nains sont «des amis imaginaires». Et de préciser: «C’est pour qu’ils les retrouvent qu’on place les nains devant des bâtiments connus. On leur dit de mieux les traiter.» Et la police? «A mon avis, ce n’est pas assez grave pour elle. On ne les vole pas!» A ce jour, ils n’ont pas trop eu à subir l’ire des collectionneurs: «Une fois, un gars nous a couru après.» Ravis de leurs coups, ils ne s’attribuent pas ceux des autres. «On est plusieurs dans la région. Le lâcher de nains sur le parcours du Morat-Fribourg, en 2005, c’est pas nous», glisse un Patrick. A quand le prochain? «Par ce froid, les nains doivent être près du sapin de Noël ou de la cheminée. Sinon, nous irons les sauver.»

Emmanuelle Robert