Roaccutane

11 mars 2011 14:37; Act: 11.03.2011 14:42 Print

Roche assigné après le suicide d'un adolescent

Les parents d'un ado, qui s'était suicidé alors qu'il prenait un traitement au roaccutane, ont assigné plusieurs laboratoire pharmaceutique, dont Roche, devant au Tribunal.

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Les parents d'un adolescent qui s'était suicidé alors qu'il prenait deux génériques du médicament contre l'acné Roaccutane, ont assigné vendredi devant le Tribunal de grande instance de Nanterre les laboratoires pharmaceutiques Roche, Pierre Fabre et Expanscience.


Les parents de l'adolescent sont convaincus que la mort de leur fils, retrouvé pendu en juillet 2007 à un arbre à Nice, est liée à la prise de ce traitement qu'il prenait depuis sept mois.

«Je sentais qu'il était vraiment angoissé et fatigué mais rien ne laissait penser qu'il allait se suicider. C'est un message dans lequel il disait qu'il ne savait pas ce qu'il avait depuis trois semaines et qu'il avait mal partout, qui nous a convaincus de les attaquer», a déclaré son père.

Son avocat, Gilbert Collard, a assigné les laboratoires Roche, en leur qualité d'inventeurs du traitement à l'isotrétinoïne (Roaccutane) et Pierre Fabre et Expanscience qui commercialisent deux génériques de ce médicament (Curacné et Procuta) ingérés par la victime.

Lors des débats, Me Collard a demandé la désignation d'experts pour démontrer que rien ne prédisposait l'adolescent au suicide avant qu'il ne prenne ce médicament, dont «la notice noie le patient sous un flot de mises en garde et de contre-indications».

Nombreuses plaintes

Les avocats de la défense ont quant à eux souligné le fait qu'un médicament était toujours «toxique» et qu'en l'espèce le Roaccutane était un «traitement de dernière intention, révolutionnaire, qui avait guéri des millions d'acnéiques sévères». Ils ne se sont pas déclarés hostiles à la désignation d'un collège d'experts rassemblant un psychiatre, un dermatologue et un pharmacovigilant.

Pour l'avocat de Roche, Jacques-Antoine Robert, les risques entraînés par le Roaccutane ne remettent pas en cause la place de cette molécule dans la pharmacopée, le bénéfice-risque étant favorable. Il a demandé à être mis hors de cause, l'adolescent n'ayant pas pris le médicament commercialisé par Roche. La décision a été mise en délibéré au 29 avril.

Mi-février, Roche avait assuré que son médicament, qu'il commercialise depuis 20 ans, était «sûr» et «efficace», ajoutant qu'il avait néanmoins effectué des provisions pour faire face aux nombreux litiges.

Le laboratoire bâlois fait actuellement face à de multiples actions en justice aux Etats-Unis où le médicament est accusé de provoquer des maladies intestinales inflammatoires, des malformations foetales et des troubles psychiatriques. Des plaintes ont été déposées dans d'autres pays.

(ats)