Vitesse sur l’autoroute

14 septembre 2009 22:44; Act: 14.09.2009 22:29 Print

Rouler à 80 km/h ne fait pas diminuer la pollution

Abaisser la vitesse sur l’autoroute en cas de pic de pollution n’est pas efficace, affirment des experts.

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«Rouler à 80 plutôt qu’à 120 n’a presque pas d’effet, explique Johannes Keller, de l’Institut Paul Scherrer. Nos modèles de calcul ont enregistré une réduction de 0,5 à 1%», ajoute cet expert, cité par le TagesAnzeiger.

Saluée par les villes de Berne et de Zurich comme la panacée dans la lutte contre les particules fines, les restrictions de vitesse sur les autoroutes ont du plomb dans l’aile. Le Parlement pourrait purement et simplement supprimer cette mesure, jugée inutile.

«Techniquement, il est pratiquement impossible d’en mesurer les effets», confirme Christoph Hüglin, de l’Empa. Cet institut de recherche dépendant des Ecoles polytechniques fédérales avance deux arguments: d’une part, la limitation de la vitesse n’est appliquée que sur les autoroutes, et, d’autre part, le trafic n’est pas la seule source de pollution.

Ces conclusions sont du pain bénit pour le lobby de la voiture: le libéral-radical zurichois Markus Hutter a lancé une initiative parlementaire contre les limitations sur les routes nationales. Il exige que les cantons fassent désormais la preuve de l’efficacité des mesures écologiques avant de les imposer.

Pour autant, les Verts soutiennent les restrictions de vitesse: «Lorsque le pic de pollution est atteint, on le sait, c’est trop tard», admet le conseiller national écologiste genevois Antonio Hodgers. «Le fait de limiter la vitesse à 80 km/h sur les autoroutes, tout comme de stopper les machines de chantiers, est peut-être symbolique, poursuit-il. Mais il a un effet pédagogique et psychologique. Il ne paralyse pas la circulation non plus. Pour les automobilistes, c’est un peu comme si on tirait la sonnette d’alarme.»

Antonio Hodgers souhaite surtout que les élus fédéraux fassent plutôt un travail d’anticipation afin d’éviter, justement, des pics de pollution.

(Philippe Favre/dti)