Suisse

27 septembre 2018 19:29; Act: 27.09.2018 20:09 Print

Schneider-Ammann veut des médias plus critiques

Le conseiller fédéral démissionnaire s'est exprimé sur son attachement aux médias, en Suisse.

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Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann souhaite que les médias soient plus critiques et moins superficiels. Le rôle des médias est de jeter un regard derrière la façade, a-t-il déclaré jeudi à Lucerne lors du Swiss Media Forum.

Le conseiller fédéral, qui a annoncé sa démission mardi, a commencé son intervention en français. «Mes chers malades», a-t-il lancé aux 400 représentants des médias présents, reprenant avec ironie le début de son discours de la Journée des malades qui lui avait valu une célébrité mondiale en 2016.

Le chef du Département de l'économie a dit n'avoir jamais été le favori des médias, mais être toujours passionné par les médias. Sa journée commence toujours par la lecture des journaux.

Le ministre de l'Économie a été parfois déçu par certains articles, mais il respecte les journalistes et leur travail, a-t-il souligné. Il a toujours gardé à l'esprit la situation difficile dans laquelle évoluent les médias.

Derrière la façade

Le conseiller fédéral estime que les médias, en pleine mutation, devraient se reconcentrer sur la substance plutôt que sur le superficiel. Le travail des médias est de regarder ce qu'il y a derrière la façade, que cela plaise ou non aux politiciens.

Au cours d'une discussion avec l'animatrice du débat Susanne Wille, Johann Schneider-Ammann est revenu sur sa démission et celle de Doris Leuthard. Ce double départ n'a pas été planifié, a déclaré le conseiller fédéral. Interrogé quant à savoir si une femme devait lui succéder, il a répondu que ce serait bien pour le PLR.

Supino critique le soutien aux médias

Toujours dans le cadre du Forum, le président de Tamedia, Pietro Supino, a livré un plaidoyer pour l'indépendance des médias. Il n'a pas voulu parler d'une crise des médias, mais d'une «crise des faiseurs de médias».

Selon lui, avant d'explorer de nouvelles formes d'aide aux médias, il faut résoudre l'«absurde différend avec La Poste». La Poste utilise son monopole pour faire peser les coûts sur les entreprises de presse, ce qui met en danger l'avenir des journaux abonnés, a-t-il expliqué.

Le président des éditeurs a également critiqué le projet de loi sur les médias électroniques, actuellement en consultation. «Dans sa forme actuelle, la loi est nocive». Rien que son nom n'a pas de sens: «Il n'existe aujourd'hui aucun média qui n'est pas aussi électronique.»

Toute forme de soutien est un risque pour l'indépendance des médias, a souligné M. Supino. «Cela doit rester un dernier recours absolu».

(nxp/ats)