Suisse

23 août 2016 09:18; Act: 23.08.2016 11:12 Print

Sécurité: «Nous avons besoin de plus de moyens»

Le nombre de fonctionnaires dévolus à la sécurité fédérale dans les cantons reste encore insuffisant, selon Pierre Maudet, le conseiller d'Etat genevois en charge de la sécurité.

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Pour Pierre Maudet, la Confédération doit injecter plus de moyens dans les cantons pour la sécurité. (Photo: Keystone)

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Le budget du Service de renseignement de la Confédération (SRC)a pris l'ascenseur ces dernières années, ainsi que la part dévolue aux cantons. De 84 postes à plein temps, le total a grimpé à plus de 120 postes, un geste limité à une période de trois ans. Quant aux fonds, ils ont progressé à 12,4 millions de francs, en hausse de quatre millions.

Parmi les principaux bénéficiaires figure Zurich... ainsi que Genève et le canton de Vaud, comme l'a expliqué le Blickdans son édition du 23 août 2016. Une répartition qui peut étonner alors que d'autres cantons reçoivent nettement moins, voire rien du tout.

Rien de surprenant à cela, a répliqué Pierre Maudet au Blick. «Nous nous sommes battus pour cette augmentation, car Genève est particulièrement exposée avec le siège de l'ONU. En outre, certaines régions frontalières en France affichent un nombre élevé d'islamistes radicaux», a expliqué le conseiller d'Etat genevois en charge de la sécurité.

Des cantons romands exposés

Cette manne est la bienvenue car les cantons ont besoin de davantage d'argent à l'heure où la menace terroriste a augmenté en Europe, ce qui se répercute en Suisse «et plus particulièrement en Suisse romande», a ajouté Pierre Maudet. Avec l'état d'urgence en France, les services récoltent un grand nombre d'informations qui doivent également être examinées en Suisse.

La France n'est pas la seule concernée puisque le phénomène est également sensible en Allemagne et en Grande-Bretagne. «Nous avons besoin de davantage de personnel pour l'exploitation et la coordination et aussi de plus de gens sur le terrain.»

Le trafic frontalier doit être encore plus surveillé, ce qui nécessite plus de fonctionnaires. «Il ne doit jamais arriver que nous ayons reçu une information importante d'un service de renseignement étranger que nous n'avons pu étudier et qu'il s'est produit ensuite un attentat. Je crains vraiment ce genre de scénario.»

Au moins 200 à 300 postes

La menace djihadiste n'est pas la seule à devoir être surveillée de près. L'espionnage ou l'activité de groupes suspects ne doit pas être sous-estimé, surtout à Genève qui est un théâtre important pour les services de renseignement étrangers, a rappelé Pierre Maudet.

Le conseiller d'Etat genevois en charge de la Sécurité est un fervent défenseur de la nouvelle loi sur le renseignement, qui est soumise au peuple le 25 septembre. En cas de «oui» dans les urnes, le SRC pourrait créer une vingtaine de postes supplémentaires.

Ce succès n'aurait toutefois aucune incidence directe pour les cantons, comme l'a reconnu Pierre Maudet «mais il est clair que nous avons besoin de plus de moyens pour les places dans les cantons. Un «oui» net serait un signal pour augmenter les effectifs et nous avons besoin en tout de 200 à 300 places pour les cantons au minimum.»

(nxp)