Commerce

30 juillet 2014 22:12; Act: 31.07.2014 09:59 Print

Selon la langue, l’étiquette multiplie le taux de poulet

par Jérôme Faas - Denner vend un produit décrit différemment en français et en allemand. L’enseigne plaide l’erreur.

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Une faute?

«On s’interroge, réagit Audrey. S’il y a moins de viande en allemand qu’en français, qu’y a-t-il donc en plus? C’est amusant.» Lundi, la jeune femme a acheté de la poitrine de poulet à l’indienne chez Denner, à Sion. Ce n’est qu’arrivée chez elle que l’anomalie l’a frappée. En français, la notice indique 85% de volaille, mais le ratio chute en allemand: 74% seulement. A Genève, même topo. Aux Augustins, le gallinacé façon Bombay est étiqueté à l’identique.

Alors, que mangent les clients? Passablement ou beaucoup de poulet? «Les données en allemand, soit 74% de viande, sont correctes», informe Thomas Kaderli, porte-parole de Denner. Il explique: «L’emballage a été retouché. A cette occasion, il y a malheureusement eu une faute de frappe.» Le fabricant a été averti, afin que la prochaine livraison soit cohérente. Aucun réétiquetage du lot, à faible durée de conservation, n’est en revanche prévu: «La marchandise serait périmée et devrait être jetée. Nous préférons donc liquider les emballages concernés.»

La Fédération romande des consommateurs, elle, juge que Denner devrait idéalement retirer le produit de la vente et le renvoyer au fabricant. «S’il y a une erreur d’étiquetage, on ne sait pas s’il y en a d’autres, estime Barbara Pfenniger. Et face au consommateur, le distributeur est responsable, même s’il peut alors se retourner contre le fabricant.» Elle ajoute que si les variations entre idiomes se produisent «régulièrement», les fluctuations de chiffres sont bien plus rares.