«Boucher de Winterthour»

11 mai 2012 14:36; Act: 11.05.2012 15:43 Print

Sept ans de prison pour le sadique

par Olivia Fuchs - Le «boucher de Winterthour» a écopé de sept ans de prison ferme. Portrait d'un homme qui s'est réfugié dans des fantasmes sado-masochistes depuis son plus jeune âge.

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Le verdict contre l'homme, qui avait fait paraître une annonce sur internet afin de trouver un boucher prêt à abattre la femme et la fille d'un de ses amis, est tombé vendredi peu avant 15h. Il a été condamné à sept ans de prison.

Tout au long du procès, le prévenu avait affirmé qu'il avait voulu aider son ami, alors en plein divorce avec sa femme. L'accusé avait pensé qu'en l'éliminant, son ami se verrait accorder la garde des deux garçons issus de leur relation. Le quinquagénaire risque 17 ans de prison.

«Esclaves personnelles»

Quel homme se cache derrière celui qui s'était fait passer pour une «mère masochiste voulant se faire rôtir sur une broche et désirant se faire éduquer à la soumission par un boucher?» Tout au long du procès, qui s'est ouvert mercredi, le prévenu avait une attitude provocatrice. Dès le début, l'accusé n'a pas caché ses vices. Jusqu'en octobre 2010, soit peu avant son arrestation, il cherchait sur internet des «esclaves personnelles». Cela dans le but des les soumettre entièrement à lui. Impliquant le plein pouvoir sur leur coupe de cheveux, leur pilosité, leurs habits et leur comportement, écrit vendredi «20 Minuten».

Abusé par sa mère

C'est à l'âge de 19 ans que l'accusé aurait ressenti pour la première fois l'envie de torturer autrui. Il aurait lui-même subi des violences de la part de ses camarades de classe dans son enfance et sa jeunesse. Mais c'est sa mère qui semble l'avoir le plus traumatisé. Elle avait l'habitude de le battre, de le dénigrer et d'abuser sexuellement de lui. Son passé douloureux se reflète sur les blogs sado-masochistes sur lesquels il se nommait «Marquis el diablo». Il y écrivait, entre autres, qu'il aimait les longues sessions de coups de fouet et les esclaves enchaînées et nues en permanence. L'accusé a néanmoins affirmé que ses victimes étaient toujours consentantes et qu'il n'a jamais dépassé les limites préalablement fixées avec ses esclaves.

Le quinquagénaire a avoué mercredi qu'il lui arrivait parfois de ne pas savoir comment gérer ses pulsions. Comme en 1988, où il avait tiré sur une auto garée sur une aire de repos à Schönbühl (BE). La balle avait traversé le véhicule et blessé mortellement une jeune archéologue de 27 ans assise à l'intérieur. Il avait été condamné à 15 ans de prison.