Suisse

28 janvier 2020 17:49; Act: 28.01.2020 18:16 Print

Service civil: un an avant d'être libéré de l'armée

Afin de rendre le service civil plus difficile d'accès, une commission du Conseil des Etats veut maintenir un délai de douze mois avant d'être libéré de l'obligation de servir pour les personnes qui veulent quitter l'armée.

Une faute?

Les militaires désirant rejoindre le service civil devraient attendre douze mois avant d'être libérés de leur obligation de servir dans l'armée après l'école de recrue. Par 10 voix contre 3, la commission de la politique de sécurité du Conseil des Etats veut maintenir ce délai dont le National n'a pas voulu en décembre dernier.

Cette mesure permettra de réduire substantiellement les admissions au service civil, a indiqué mardi la commission. Elle évitera que certains militaires n'optent pour le service civil sous l'effet d'une pulsion. L'armée aurait suffisamment de temps pour mener des entretiens personnels.

La majorité estime en outre que le nombre de demandes déposées après l'accomplissement de l'école de recrues est le signe que des motifs liés à la carrière ou au confort individuel sont souvent déterminants dans cette décision. Or, le service civil a été institué pour les personnes qui ne peuvent accepter le service militaire en raison d'un conflit de conscience.

Une minorité s'oppose à ce délai. Pour elle, cette mesure est une chicanerie inutile, d'autant plus que le service civil apporte un soutien précieux à la société. Il faudrait accroître l'attrait du service militaire plutôt que compliquer l'accès au service civil.

Seule divergence

Lors de la session d'hiver, le National a refusé le délai de douze mois par 123 voix contre 68, maintenant cette seule divergence avec le Conseil des Etats. Les sénateurs se prononceront ce printemps.

La révision de loi a pour objectif de durcir les conditions d'admission au service civil pour contrer l'hémorragie des effectifs de l'armée. Elle vise surtout les personnes ayant déjà effectué leurs obligations militaires. Plus d'un tiers des personnes admises au service civil sont des militaires ayant terminé leur école de recrues, des cadres et des spécialistes.

Quelles que soient les décisions du Parlement, le peuple devrait avoir le dernier mot. L'Association pour le service civil CIVIVA, le Groupement pour une Suisse sans armée et les Verts ont déjà annoncé qu'ils lanceront le référendum, soutenus par le PS.

(nxp/ats)